L’Aquilon de l’édition les Six Brumes

img_20170107_134937335L’Aquilon: une novella passionnante qui se dévore en quelques heures seulement. Je veux définitivement en connaître davantage de l’auteur de ce petit récit. Non seulement j’ai eu la chance de découvrir un univers complet, mais j’ai également aperçu le talent de Carl Rocheleau, un auteur brillant, qui nous fait ressentir toutes sortes d’émotions grâce à sa façon bien personnelle d’écrire des histoires. Encore une très solide oeuvre des Six Brumes, une maison d’édition québécoise qui se voue corps et âme à la littérature de l’Imaginaire.

Synopsis

Ce livre est une dystopie critique d’un Québec où l’hiver est à la fois violent et éternel. L’Aquilon, je l’imagine comme un immense édifice de misère mal isolé où tous les personnages y habitent et tentent tant bien que mal d’y survivre. Tous à la fois à la fuite et à la recherche de quelque chose, les locataires nous racontent par leurs péripéties leur vie dans un enfer glacé. Je vous laisse le plaisir de lire une partie de la quatrième de couverture qui explique très bien le concept du roman:

« Summer imagine que l’immeuble où elle habite, l’Aquilon, est une grande maison de poupée. Douze chambres sur un seul étage. Il y a une personne dans chaque pièce et chacune a son histoire. »

Les hauts

À la toute fin du roman, on éprouve une grande satisfaction, comme si on avait terminé de boire une bonne tasse d’un café à la saveur recherchée et au réconfort absolu. Paradoxalement, on se sent aussi un peu triste que l’histoire soit terminée et quand on commence un nouveau livre, on recherche la même intensité, qu’on ne trouve que rarement ailleurs. Une petite perle!

En outre, j’aime bien que le livre soit construit de sorte qu’on ait accès à plusieurs personnages complexes, certains chapitres utilisant une narration au « je » et d’autres au « il ». On a l’impression de lire des nouvelles à la fois séparées les unes des autres, mais liées au même univers et avec des clins d’œil entre elles. L’histoire est ficelée de sorte qu’on n’a jamais envie d’en prendre une pause.

Finalement, j’aime bien la petite saveur de science-fiction. Rien de trop complexe; qu’un petit vent de fraîcheur dans le récit. Si vous n’êtes pas habitués de lire de la science-fiction, je vous recommande de commencer par cette histoire.

Les bas

Dans le livre, il y a deux chapitres qui racontent la même histoire, mais avec un point de vue différent d’un personnage à l’autre. En regardant certaines critiques, je vois que plusieurs personnes ont beaucoup aimé cet aspect. Bien que l’idée soit intéressante, de mon côté, j’ai trouvé ces deux chapitres redondants. Je crois qu’il y aurait eu une façon de raconter les mêmes événements de deux perspectives différentes sans que ce soit aussi répétitifs. De nature impatiente, j’avais même envie de sauter quelques lignes, sachant qu’il s’agissait des mêmes mots. Puisque certains autres lecteurs ont beaucoup aimé cela, peut-être qu’il ne s’agira pas d’un point faible pour votre lecture… Pour le découvrir, vous devrez le lire!

De plus, cela est mineur et c’est encore bien personnel, mais bien que le titre soit la pierre angulaire de tous les personnages, je ne le trouve pas du tout accrocheur. Le peu d’attrait que j’avais vers le titre du livre est la raison pour laquelle cela m’a pris autant de temps me le procurer. Cela ne m’incitait pas réellement à aller lire la description. L’Aquilon, c’est le Dieu des vents septentrionaux, et puis moi et les Dieux… on repassera! Et pourtant, ce petit chef d’oeuvre si savoureux n’a rien de spirituel!

Appréciation générale

On se sent reput, même s’il s’agit d’une novella: 96 pages d’une livre petit format, de la taille de ma main… et pourtant, entièrement satisfaisant! C’est à la fois doux et brutal. À lire absolument au chaud, sous les couvertes, sous risque d’attraper une hypothermie mentale. Le livre ne se vend que 5$ et il s’agit d’un 5$ bien investi. Bonne lecture!