Chronos, maudit sois-tu!

Permettez-moi de vous faire une petite vidange de sac. Il y a trop longtemps que je me dis : «Ça va aller mieux demain. Tout va s’arranger!» Et puis, finalement, c’est Niet-Nada. Un constat s’impose : j’ignore comment les autres font pour gérer leur temps, mais moi, je n’y arrive tout simplement pas. C’est comme si la vie me prenait tout. Il y a toujours autre chose à faire qu’écrire. Les soirées passent tellement vite, les trajets de métro entassés au sein d’une foule amorphe se succèdent, sans parler des heures de lunch où l’on a envie de tous sauf de se creuser la tête à inventer le prochain best-seller.

D’un autre côté, l’ambition ne manque pas : concours littéraires, projets éditoriales, un poème pour mon chéri, une séance de dédicaces. Sans oublier la dernière lubie: un blogue littéraire pour vous partager mes folies avec l’aide de ma partenaire d’écriture, Withney. Des projets en veux-tu, en v’là! Mais d’où viennent toutes ces idées d’hurluberlus?

C’est-à-dire que, par les temps qui courent,  je me sens comme un spectre perdu dans un autre espace-temps. Hé oui! Je n’ai pas donné signe de vie depuis un bon bout de temps déjà. Toutes mes excuses. Sachez que ce n’est pas de ma faute, mais celle de Chronos, le Dieu du temps. C’est lui qui fait disparaître les poussières de temps où je me consacre à l’écriture. Oui, oui, je vous le jure! Je l’ai même vu une fois à l’oeuvre. Alors que je m’étais décidé à participer à un concours littéraire, j’ai vu les journées passer au galop alors que ma nouvelle, elle, avançait à pas de tortue. Et, alors même que je me donnais un coup de pied digne de ce nom pour remettre à temps le fruit de mon travail, la semaine est arrivée et j’ai complètement délaissé les quelques pages qu’il me restait à rédiger pour me consacrer sur tout le reste. Lorsque j’ai jeté un coup d’œil du côté de mon clavier, il m’est même arrivé de voir Chronos danser sur les touches en riant aux éclats. Maudit sois-tu!