COBAYES Olivier

cobayes_olivierlresCOBAYES Olivier, écrit par Yvan Godbout, est un livre de la série « gore » COBAYES 1 – série qui attire l’attention grâce à ses illustrations de première de couverture à la fois épurée et frappante. On les remarque tout de suite lorsqu’on vient pour farfouiller des romans québécois en librairie. Et sur la première de couverture de ce petit roman : un œil, énucléé bien proprement.

Synopsis

Olivier est un grand brûlé. À peine majeur, il vit encore chez ses parents et souffre de troubles anxieux sévères. C’est pour cette raison que le protagoniste s’inscrit à l’étude clinique d’Alphalab : se débarrasser de ce qu’il appelle non-affectueusement «la tourmente». Mon œil d’intervenante psychosociale me dit qu’il souffre plus spécifiquement de stress post-traumatique, combiné à certains épisodes psychotiques. Ces troubles psychologiques se sont développés à la suite d’un incendie tragique qui lui a fait perdre son frère jumeau. La molécule injectée par Alphalab fait son œuvre : Olivier se débarrasse tranquillement de ses crises d’anxiété et venge son frère en devenant une machine à tuer ayant un fétiche particulier pour les globes oculaires.

Les hauts

D’abord et avant tout, je trouve cela très bien qu’on aborde le thème de la santé mentale, même si, bon, le protagoniste finit par devenir un tueur en série. On voit toute sa souffrance et, par les différentes descriptions, on la comprend. J’espère que le lecteur averti comprendra que c’est la Chlorolanfaxine qui rend Olivier dangereux, et non ses troubles de santé mentale.

Ensuite, j’aime bien le message derrière le fétiche du protagoniste. En effet, Olivier se sent à la fois invisible aux yeux de ses parents et visible péjorativement aux yeux des autres à cause de ses différentes cicatrices. Devenir visible, enfin, et faire naître la peur plutôt que le dégoût dans le regard des individus pris dans une société où l’esthétisme est roi, voilà la stratégie plutôt poétique adoptée par le protagoniste.  Arracher des yeux, rien de mieux pour régler le problème!

Les bas

Bien que j’aime le fait que le thème de la santé mentale soit abordé, les crises d’anxiété du personnage principal son décrite à répétition, et souvent, de la même façon. Ça rend la lecture lourde et anxiogène, sans nécessairement nous faire ressentir l’épouvante; c’est pour moi le gros défaut du livre. Cela devient redondant, surtout pour un public déjà sensibilisé à ce problème de santé mentale.

Ensuite, et ça, c’est peut-être bien personnel, mais est-il possible de laisser les animaux en dehors de ça? Ça me fend toujours le cœur dans un livre, la violence envers les animaux… Est-ce que je suis bizarre que ça me fasse généralement plus quelque chose que quand c’est envers un humain? C’est peut-être parce que les animaux peuvent difficilement se défendre, eux, contre un flingue ou bien un couteau bien aiguisé. Et ils n’ont bien souvent rien à se reprocher.

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Appréciation générale : 6,5/10

Une bonne histoire, un peu entachée par ses descriptions redondantes qui ne plairont pas à tout le monde. Mais bon, si ça plaît à tout le monde, c’est générique et si c’est générique, c’est déjà moins bon, non?  À ce stade-ci de la série, j’étais déçue de ne pas en apprendre plus sur Alphalab, mais j’ai vite compris que cela n’était pas un défaut du livre, mais bien une caractéristique de la série, qui peut se lire dans l’ordre ou dans le désordre. C’est une histoire bouleversante qui vous fera vivre un tas d’émotions plutôt négatives. Je le recommande pour les gens qui cherchent ce genre d’émotions-là dans la lecture et qui veulent explorer certains enjeux liés au trouble de stress post-traumatique.

1. Cliquez ici pour lire notre petit guide sur la série COBAYES