J’écris, au Québec, en 2017

Il y a de cela quelques années déjà (soit en 2014), je me prêtais à un atelier d’écriture fort intéressant. En fait, il s’agissait d’un exercice que j’avais eu à faire à l’université. Si vous souhaitez relire la première version, il faudra aller sur mon ancien blogue en cliquant par ici. Vous pourrez ainsi comparer et même faire une analyse de mon évolution psychologique depuis ce temps. Espérons que vous ne décèlerez pas de dégradation évidente.

Je me lance donc une fois de plus dans le vif du sujet. Pourquoi j’écris toujours en 2017? Écrire provoque chez moi une relation mitigée. Parfois, j’adore et ne peux m’arrêter de penser à la suite d’une histoire en cours de rédaction. C’est une activité individuelle où je me referme sur moi-même. Personne ne peut véritablement comprendre ce qui se passe dans mon esprit. Cet esprit qui vagabonde jusqu’au moment où je trouve enfin le dénouement logique à ma péripétie ou la chute parfaite pour ma nouvelle. Pour ceux qui n’écrivent pas et qui n’ont même jamais véritablement été plongés dans un livre, il est impossible d’imaginer le degré de satisfaction avec lequel je suis emplie au moment où j’appose le point final.

Mais à dire vrai, ce sentiment du devoir accompli ne vient pas toujours. Au final, les « moments d’extase d’écriture » sont de plus en plus rares. Pas nécessairement parce que mon talent s’envole ou que ma capacité à prendre plaisir dans les petites choses s’est atténuée avec le temps (enfin je l’espère bien). Plutôt parce que mes temps libres semblent se raréfier. Pas vous? Et qui dit moins de temps libres dit moins de mots par semaine. À l’adolescence, je pouvais écrire tous les soirs sans trop me priver. Justement, au moment où j’ai fait pour la première fois expérience de cet atelier d’écriture, j’étudiais de soir à l’université (UQÀM) en Création Littéraire en plus de tenir un travail à temps plein (40 heures / semaine) à Laval. Donc voyagement, devoirs et leçons en plus de travailler. Je me demande bien comment je faisais avant.

Mais voilà, je commence à penser qu’il n’y a pas de recette secrète pour créer du temps pour l’écriture. Il faut mettre de côté ses occupations autres pour pouvoir s’y adonner. Et puis, il ne faut pas nécessairement une journée complète de silence pour pondre un contenu convenable. Quelques heures de temps à autre peuvent  suffire pour publier à nouveau quelque chose. Une nouvelle, un article… peut-être un nouveau roman.

Ah! Il me paraît bien loin le temps où mon livre « Les Gokans » sortait tout chaud de la presse. À ce moment-là, je croyais que j’avais fait ma part. Je croyais que les étapes pour écrire un roman au Québec étaient les suivantes : Écrire, réécrire, faire lire à des bêta-lecteurs, corriger, refaire lire, corriger, envoyer à des éditeurs, attendre, rêver, désespérer, attendre, puis enfin trouver le bon et signer un contrat d’édition.

Mais finalement, j’ai compris qu’il me manquait le plus important : le marketing. Hé oui! Le livre fraîchement lancé ne se vendra pas tout seul. Il faut prévoir le lancement, les salons du livre, les séances de signatures, les réseaux sociaux, développer un site web officiel, une plate-forme de vente en ligne peut-être. Bref, la signature du contrat d’édition n’est que la pointe de l’iceberg. Oui, je vous le dis. Ce n’est que la passion de l’écriture qui peut nous pousser à continuer d’écrire.

Alors pourquoi dont j’écris toujours, en 2017? Suis-je une amatrice sadique de la douleur, une workaholic, car il en faut du travail pour se rendre jusqu’au bout de son rêve? Bien malgré moi perdure ce besoin de créer, de mettre sur papier ce que j’ai pu cogiter dans mon esprit pendant maintes heures. Et pourquoi? Pour aider les autres à rêver à leur tour. Faire comprendre aux gens qui n’ont jamais écrit ce qui peut sortir de mon cerveau disjoncté. Exprimer le fondement de ma pensée, mais de manière subtile, cachée derrière une intrigue bien ficelée, un malfrat qu’on aime haïr.

Peut-être m’appuierez-vous dans mon propos. Peut-être pas. Mais ceci dit, vous aurez été averti de mon intention. Je fais des blagues en souhaitant que mes idéaux dominent le monde. Reste que l’écriture est un moyen pacifiste de transformer le monde un peu plus à son image, de le rendre meilleur à sa façon. Voilà pourquoi j’écris encore et continuerai d’écrire pour encore bien longtemps.