Hansel et Gretel d’Yvan Godbout

HanseletGretelHansel et Gretel est un des excellents contes interdits publié par les éditions ADA et rédigé avec brio par Yvan Godbout. Ce conte qui met en scène deux enfants âgés de 9 ans ne m’a pas laissée indifférente. Avant d’entrer dans les détails de notre analyse, voici un bref synopsis :

SYNOPSIS

Jeannot (Hansel) et Margot (Gretel) vivent dans un minable quatre et demi au sein d’une maisonnée dysfonctionnelle. Leur mère au grand cœur est bien souvent absente, car elle travaille très tard pour subvenir à leurs besoins. Leur père, plutôt dérangé, ne fait rien pour s’occuper d’eux… du moins, pour s’occuper d’eux de la bonne façon. Alors que sa mère revient du travail, Margot vit l’innommable. Son secret éclate au grand jour, et s’ensuit une descente en enfer pour les jumeaux. De l’abus à la séquestration, passant par les rituels sataniques, aucun personnage ne s’en sortira à la fois sain et sauf.

 

PREMIÈRE ET QUATRIÈME DE COUVERTURE

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TABLEAU RÉSUMÉ

 

  Hansel et Gretel
Auteur Yvan Godbout
Genre Horreur-fantastique
Prémisse Des jumeaux fuient la violence familiale pour se retrouver aux prises de véritables démons.
Avertissements Pédophilie, viol, violence envers les enfants
Émotions ressenties Impuissance / Peur
Force Procure une urgence de continuer la lecture, une peur et un stress incroyable pour les enfants.
Une phrase pour décrire le roman Un drame qui nous donne envie d’intervenir où personne ne s’en sortira à la fois sain et sauve.
Faiblesse Fin qui m’a semblé « facile », qui manque de finesse, même si, à la fois étonnante et censée.
Appréciation personnelle 8,5/10
Niveau d’horreur 4/5
Niveau de gore 5/5
Niveau de conte 5/5
Mention honorifique Le plus gore

 

Pour le tableau complet qui compare les quatre contes interdits des éditions AdA, cliquez ici!

LES HAUTS

Roman immersif

Je me suis sentie comme une mère en lisant ce roman. Et je dois vous avouer que ça ne m’a pas donné le goût d’enfanter! J’étais au bord des larmes à un certain moment. Les jumeaux sont si attachants et il leur arrive des péripéties si difficiles… Ça, c’est qu’on appelle de la lecture immersive!

Il est impossible de fermer l’œil en toutes quiétudes lors de la lecture de ce livre. Que se passera-t-il avec les jumeaux? Ce conte nous procure des sensations fortes d’urgence, une envie d’agir incroyable (Comme me disait Mademoiselle Post’it : Avoue hein que t’as envie d’intervenir!). C’est toutefois l’impuissance qui nous guette, et avec ce sentiment vient la peur pour les jumeaux et une lancinante anxiété. Ce roman se dresse incontestablement dans les meilleurs contes d’horreur que j’ai lus.

Une écriture juste et intelligente

Le narrateur du roman est omniscient, mais il s’infiltre avec intelligence dans les pensées des personnes que certains passages mettent de l’avant. L’originalité de l’écriture ici vient du fait que le narrateur omniscient pénètre aussi avec parcimonie les pensées de personnages secondaires ou extérieurs afin de capter une émotion, installer une ambiance ou bien nous permettre tout simplement de voir d’un autre angle certaines actions. J’ai trouvé cela ingénieux! Et que dire de ce chat que j’aime d’amour qui nous partage ses pensées lors du prologue :

« Soupir de chat. Il n’aura pas à se battre pour la troisième fois de la journée. Soulagé, l’animal replonge dans les ordures (…) il extirpe un bout de viande crue d’un sac plastique. Avariée et malodorante, la chair est attaquée par une famille d’asticots. Tant pis; il est bien trop affamé pour faire la fine gueule. (…) Ses canines acérées grugent jusqu’à l’os, détachent chaque brin putréfié qui s’y colle.»

En parallèle avec ce choix de narrateur, il y a tout le style d’écriture qui marque un rythme rapide, impeccable et prenant. Voici un passage (p.95) qui m’a réellement marquée :

« Et si c’était le moment d’agir?
Il pourrait le faire
Il va le faire
Il se voit le faire
(…)
Jeannot pouvait le faire.
Jeannot a voulu le faire.
Jeannot s’est vu le faire.
Jeannot n‘a pourtant rien fait. »

La bonne dose de gore et d’horreur

Écrire un roman d’horreur est un art. Il ne s’agit pas que d’écrire des scènes gores, encore faut-il que le lecteur ait peur. Ici, l’auteur réussit à créer un univers qui fait peur, tout en nous levant le cœur par ses descriptions sanglantes. Bravo!

LES BAS

Selon moi, la fin manque de finesse. Je ne peux vous en dire plus sans vous gâcher la finale. Le message est fort, mais plutôt simple et « facile ». Je savais que ça ne finirait pas «bien»; c’est quand même un livre d’horreur! Je m’attendais à quelque chose de plus recherché; de moins vulgaire. Toutefois, ça frappe quand même et c’est punché. Mes sentiments à cet égard sont assez mitigés! D’ailleurs, c’est peut-être « mon problème » car les différentes critiques que j’ai lues ne font pas mention de la fin. J’étais prête à donner une note presque parfaite à ce livre jusqu’à cette fin qui m’a laissée pantoise.

Sinon, bien que le style d’écriture soit impeccable, transparaissent des expressions typiquement françaises à travers tout ce joual. Cela semble être typique de l’auteur et j’ai fait la même remarque lorsque j’ai écrit la critique de COBAYES Olivier. Toutefois, chapeau à l’auteur; je trouve cela beaucoup moins marquant ici, « ça clash » beaucoup moins que dans le livre COBAYES. De toute façon, qui suis-je pour dire ce qui peut être écrit, quelles expressions sont « autorisées » et quelles expressions devraient être « proscrites » ?

AUTRES CRITIQUES

Je vous invite également à lire la critique des blogueurs et blogueuses suivantes:

*Si vous voulez qu’un lien vers votre critique s’affiche ici, n’hésitez pas à commenter ci-bas.

APPRÉCIATION GÉNÉRALE : 8,5/10

Une écriture impeccable marquant un rythme rapide, des descriptions tout à fait horrifiques, des personnages qu’on aime, pour lesquels on a réellement peur et qu’on a envie de sortir de là. Tout au long de la lecture, j’ai eu l’impression d’être à bout de souffle, suspendue aux lèvres d’un livre qui nous engouffre dans un enfer inimaginable.