Les 3 p’tits cochons de Christian Boivin

3ptitscochonsLes 3 p’tits cochons de Christian Boivin est un des bons livres de la série des contes interdits des éditions AdA. Son style particulier, assumé et obscène ne m’a pas laissée indifférente! Une histoire où il n’y a que des méchants! Avant d’en dire plus, passons au Synopsis :

SYNOPSIS

Peter Wolf, tueur à gages misogyne, enquête sur la mort suspecte de sa sœur. Il la vengera, ayant la ferme intention d’éliminer, comme il sait si bien le faire, quiconque baigne dans cette affaire. Les chapitres alternent de protagonistes entre Peter Wolf et sa sœur à l’apparence timide qui découvrira les attraits d’une vie de plus en plus déjantée et dangereuse. Sur leur route : des cannibales, des morts et du sexe.

 

 

 

PREMIÈRE & QUATRIÈME DE COUVERTURE

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TABLEAU RÉSUMÉ

  Les 3 p’tits cochons
Auteur Christian Boivin
Genre Thriller-gore
Prémisse Peter Wolf enquête sur les causes de la mort peu naturelle de sa petite sœur et rencontre ainsi une multitude de gens déviants.
Avertissements Vulgarité, cannibalisme, sexualité explicite
Émotions ressenties Curiosité / Dégoût
Force Écriture fluide, simple, accessible qui nous amène à dévorer le livre rapidement
Une phrase pour décrire le roman Une enquête policière vulgaire qu’on lit rapidement et avec fascination.
Faiblesse Utilisation fréquente de marques pour situer l’action (par exemple : Subway).

Finale étonnante, mais que le lecteur ne peut prévoir; nous laissant perplexe.

Appréciation personnelle 7/10
Niveau d’horreur 2/5
Niveau de gore 3/5
Niveau de conte 1/5
Mention honorifique Le moins censuré

LES HAUTS

Une action soutenue et une écriture accessible

L’action se déroule excessivement rapidement et nous garde en haleine. L’action est parfois étonnante, les péripéties s’enchaînent rapidement. Le niveau de langue est accessible et le registre utilisé est excessivement familier ce qui rend la lecture simple à comprendre :

« Aussitôt, il se revoit 15 ans plus tôt, quand il était obligé d’aller la border dans son lit, car leur mère n’était pas encore rentrée du bar où elle travaillait parce que leur père était de nouveau saoul mort devant le téléviseur » (p.6).

Utilisation judicieuse des temps de verbes

J’ai également bien aimé que le temps de verbe change selon le narrateur. Ça donne une fraîcheur surprenante au roman! Les chapitres où le narrateur omniscient suit Peter sont au présent, tandis que ceux mettant en vedette sa sœur sont au passé simple. Et que dire des premières phrases des débuts des premiers chapitres de chacun de ces deux personnages, où on situe habilement l’action dans un lieu plutôt morbide, tout en mettant de l’avant les deux protagonistes :

« Peter franchit l’entrée principale de la morgue de Québec sous le regard intéressé de la jeune réceptionniste blonde »

Mes condoléances, Alicia.
« Qu’ils aillent tous chier, avec leurs maudites condoléances », pensa rageusement Alicia alors que les rares personnes présentes quittaient le cimetière.

Des fins de chapitre accrocheuses

« Après ce chapitre-là, je prends une pause » pense le lecteur. Et le chapitre lui répond : « Allez, encore un tout petit peu… Tu n’as pas envie de savoir ce qui va se passer à cette pauvre enfant ou à ce tueur sanguinaire? » Comment on pourrait répondre non à ça? Et puisque la narration alterne, c’est au moins deux chapitres qui attendent le lecteur pour avoir la réponse.

LES BAS

Un petit bas, qui peut être perçu positivement par certaines personnes, est l’utilisation fréquente de marques (Subway, BMW, etc.) pour situer l’action. Je dois avouer que ça simplifie la lecture; le lecteur n’ayant pas à se casser la tête avec des descriptions trop élaborées. Je crois que ça concorde avec le vocabulaire très familier.

Sinon, cette finale m’a également laissée pantoise, comme pour Hansel et Gretel, mais pas pour les mêmes raisons. Ce roman est un thriller où, tout au long de l’enquête, on tente de découvrir les circonstances de la mort de la sœur de Peter Wolf. Normalement, au courant du livre, je me serais attendue à des indices qui m’auraient permis de découvrir moi-même la fin, ou bien qui m’auraient permis de la comprendre une fois qu’elle m’aurait été exposée. Mais ici, il y a trois revirements en fin de livre. Les indices laissés dans le roman m’ont permis de comprendre le premier et troisième revirement, mais le deuxième sortait « tout droit de nulle part » à mon humble avis. Aucun indice n’est laissé au cours du roman pour l’expliquer. J’ai quand même beaucoup aimé les dernières pages qui m’ont fait pousser quelques onomatopées de surprise.

AUTRES CRITIQUES

Les critiques que j’ai lues sont unanimes à ce sujet : il s’agit d’un excellent roman. Une des jeunes blogueuses lui donne même 5.5/5! Je vous invite fortement à lire les autres opinions de ce roman qui n’a pas froid aux yeux:

*Si vous voulez qu’un lien vers votre critique s’affiche ici, n’hésitez pas à commenter ci-bas.

Appréciation générale : 7/10

Il s’agit d’un très bon roman de Christian Boivin. Je lui donne 7/10, car je ne suis pas très fanatique de la vulgarité. Le roman ne s’en cache toutefois pas; j’en étais avertie dès le début. On est également parfois dans la tête d’un macho, ce qui me plaît moins également. La finale était excellente, mais un des revirements, qui était imprévisible, m’a effectivement déçue. Je ne ressens pas non plus l’horreur comme dans les autres romans, cela est plus léger et subtile ici, mais le gore est bien présent. C’est le seul conte interdit que j’ai réussi à lire en une journée tellement la lecture est fluide et accessible. Si vous n’avez pas envie de vous sentir excessivement anxieux lors de la lecture et que la vulgarité et le gore vous plaisent, lancez-vous dans sa lecture sans soucis : vous ne serez pas déçus!