COBAYES Yannick

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COBAYES Yannick est un roman rédigé par Martin Dubé issu de la célèbre série des Éditions de Mortagne. S’inspirant un peu de l’absurde et peu de l’horreur-gore, ce roman met en scène un personnage pathologiquement altruiste. Et je dirais même, pathologiquement attachant! =P

SYNOPSIS

Yannick est incapable de dire non. Il ne peut pas non plus s’arrêter d’aider autrui; cela en est même délétère pour sa propre vie. Il prend peu de temps pour lui, arrive en retard au boulot et s’embarque dans toutes sortes de situations rocambolesques. Pour aider sa sœur dans un pétrin financier, il décide de participer à une étude clinique qui lui donnera une compensation financière plus qu’intéressante. Il est alors injecté de la Chlorolanfaxine et commence à avoir des idées violentes, même égocentriques. L’être le plus pacifique et altruiste du monde succombera-t-il à l’effet recherché de la drogue, celle qui lui donnerait le rôle de faucheur?

 

LES HAUTS

Tout d’abord, avant même de commencer ma lecture de l’histoire, j’ai bien aimé l’introduction de l’auteur et du livre en général. Cela m’a donné envie de me lancer directement dans la lecture. Ce sont des pages que certains lecteurs peuvent ignorer, car elles ne font pas partie de l’histoire, mais je vous invite fortement à les lire cette fois, pour votre grand plaisir. En voici un extrait :

« Martin Dubé compte parmi les écrivains québécois les plus méconnus au Japon. Il est né dans une chambre d’hôpital en plein cœur de la métropole des Laurentides, Saint-Jérôme, en 1975. Il vit présentement chez lui. Professeur de français au secondaire, Martin Dubé possède beaucoup d’imagination, des REER et une collection de photos assez olé olé. »

En outre, le réel point fort de ce livre, c’est vraiment les personnages et les idées un peu folles et absurdes du protagoniste. Tous les personnages sont très bien développés et on s’y attache rapidement. On aime le protagoniste et on ressent de l’empathie à son égard, ce qui est normalement une lacune fréquente dans les livres des COBAYES, à mon avis.

L’inquiétude demeure jusqu’à la fin; va-t-il ou non céder à la molécule qui devrait normalement l’amener à devenir un meurtrier? Et par le fait même, saura-t-on toujours aimé autant le personnage à la fin? L’intrigue est intéressante, même si elle est délivrée de façon lente.

On s’attend à plus de gore et d’horreur, car la série COBAYES en est imprégnée, mais le changement peut faire du bien pour certains lecteurs.

LES BAS

Le livre est beaucoup plus axé sur les pensées, les descriptions, que l’action en elle-même. Cela nous permet en effet de se mettre dans la tête du personnage, mais ça rend certains passages un peu longs. J’ai même arrêté ma lecture pendant une semaine sans ressentir cette envie dévorante que j’ai normalement d’en découvrir plus sur l’intrigue. Peut-être suis-je la victime de la société qui va trop vite, qui en veut toujours plus; plus d’action, plus de moments intenses, plus de drame, plus de peur, plus de stress dans la lecture?

De plus, une des activités préférées du personnage est d’inventer une vie aux inconnus. Je fais ça moi aussi, ça m’a donc interpellée et j’ai adoré ce point. Par contre, le protagoniste ne le fait pas assez souvent dans le livre et introduit ces passages par les mêmes mots, ce qui devient un peu lassant à mon goût.

Finalement, puisque la série de sept livres est connue pour son rythme rapide, son action soutenue, ses descriptions plutôt gores et parfois horrifiques, je trouve que ce livre cadre difficilement avec la série. Si on ne veut pas être trop choqué, dégoûté ou apeuré, c’est peut-être un bon COBAYES pour les cœurs plus sensibles.

COBAYES Yannick
APPRÉCIATION GÉNÉRALE : 7,5/10

Juste pour découvrir les personnages et s’y attacher, je vous recommande chaudement ce livre. Beaucoup plus que pour une action soutenue, du gore, de l’horreur ou un stress intense. Juste pour faire la connaissance de Lucien l’Apserger, Yannick l’homme au cœur tendre, la p’tite sœur du protagoniste un peu hippie et de la voisine malcommode. Bonne lecture!