Papier ou numérique?

 

Nous avons papier numériquediscuté avec 50 personnes œuvrant dans le domaine du livre au Salon du livre de Montréal 2017. Pour la plupart, des auteurs, mais aussi certains éditeurs et illustrateurs. Quel plaisir! Parmi les sujets abordés, nous avons posé la question qui tue : « Êtes-vous plus papier ou numérique? » Nous avons enfilé nos bottines d’enquêteuses et avons investigué pour vous les préférences des auteurs d’ici. La réponse a été presque unanime; le papier l’emporte encore en 2017, même si on reconnaît les vertus du numérique. À cet effet, 84% de nos répondants ont voté pour le format papier. Voici un petit résumé des points dégagés par les différents auteurs / illustrateurs / éditeurs:

 

NUMÉRIQUE : ÉCOLOGIQUE ET PRATIQUE

Le numérique est un choix évidemment plus vert. En effet, puisqu’on estime qu’un arbre peut produire environ 8500 feuilles, il n’est pas banal de dire que pour 30 livres achetés en format numérique, on sauve en moyenne un arbre. Et un arbre génère, par année, environ 120 kg d’oxygène, ce qui n’est pas à négliger non plus. Sans oxygène il n’y a pas de vie et s’il n’y a pas de vie, il n’y a pas de livres! Il ne faut pas oublier toutefois que le papier recyclé demeure quand même une option plus verte qui est de plus en plus utilisée par les maisons d’édition.

Le numérique réduit également les coûts de production, car on évite évidemment l’impression. Le livre numérique est généralement beaucoup moins cher. À cet effet, on estime qu’un livre en format numérique coûte 20% de moins que le livre en format papier. À cet effet, l’UNEQ suggère aux écrivains de bien négocier les termes du contrat lorsqu’un livre se vend dans les deux formats. Le pourcentage des redevances doivent être calculées à la hausse pour un produit numérique, pour que l’auteur puisse recevoir sensiblement le même montant d’un format à l’autre pour chaque livre vendu.

La liseuse, en soit, serait un avantage considérable. On peut traîner plus de mille livres sur soi, ce qui peut être excessivement utile lorsqu’on voyage de longues distances ou qu’on prévoit s’exiler pendant quelques semaines ou quelques mois. De plus, il est possible de zoomer la police d’écriture et d’adapter la luminosité de l’écran à celle de la pièce. Et plus besoin de signet qui s’envolent par inadvertance!

PAPIER : NOSTALOGIQUE ET APAISANT

papier-numériqueLe papier est toutefois gagnant et je dirais, majoritairement pour l’expérience sensorielle. Les auteurs nous parlent du plaisir de toucher le livre, de pouvoir prendre le produit  dans leurs mains, de sentir la page se tourner physiquement sous leurs doigts et de pouvoir humer l’odeur du roman neuf ou usager. Pouvoir voir dans sa bibliothèque nos titres préférés, même lorsqu’on ne les lit pas. Savoir qu’ils sont là, les côtoyer au quotidien. Il s’agit en quelque sorte d’un lien nostalgique et intime.

Dans les arguments plus rationnels, le livre en format papier permet de se sortir du cyberespace, de se libérer un instant des écrans auxquels nous sommes exposés plusieurs heures par jour. Il s’agit d’un répit d’écran, un temps pour s’asseoir tranquillement très loin de toutes formes de technologie, comme un bunker nous protégeant contre le futur et leurs radiations.

FAUT-IL CHOISIR?

papier-et-numériqueLa réponse est évidemment non. On peut acheter certains livres en numérique et d’autres en format papier selon notre préférence. La tendance est justement à la conciliation entre le papier et le numérique. Je ne crois pas que le numérique substituera le papier, mais qu’il le complétera. À cet effet, les éditions NL (NumérikLivres) suivent cette tendance. Ils offrent des romans en format numérique, mais il est presque toujours possible de les commander en format papier. Plusieurs maisons d’édition concilient les deux. Je pense donc qu’il s’agit plutôt d’une histoire d’amour que de guerre!

ET VOUS?

N’hésitez pas à nous donner votre opinion en commentaires! Ou, si vous préférez, cliquez ici pour voter. Une fois votre vote effectué, vous pourrez voir si les lecteurs de ce blogue sont plus « papier » ou « numérique ».