Le corps des bêtes de Audrée Wilhelmy

audréeLe corps des bêtes est un roman rédigé d’une main de maître par Audrée Whilelmy, une auteure à la fois jeune et expérimentée. Cette oeuvre a été publiée en 2017 au Québec et vient tout juste d’être publié en France. Doctorante en littérature à l’Université de Montréal et écrivaine en résidence à la librairie Monet cet hiver, l’auteure a publié à ce jour 3 excellents livres qui sont encensés par la critique. À cet effet, Le corps des bêtes lui a valu une éloge d’un des grands de la littérature québécoise:

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SYNOPSIS

lecorpsdesbêtesMie a 12 ans. Elle vit sur une île recluse avec son oncle, son père, sa mère, sa grand-mère et ses frères. Ils en sont les seuls habitants. L’hiver, ils vivent tous dans un phare à l’orée de la mer, exception faite de sa mère qui désire habiter dans la cabane insalubre et mal isolé. Le corps des bêtes raconte l’histoire de cette famille qui habite loin de tout, en exil de la vie moderne. On y raconte le quotidien de ce microcosme où les normes sociales se sont moulées dans la promiscuité. Survivre, mais aussi, vivre, manger, se reproduire et peut-être, à quelque part, s’aimer.

 

LES HAUTS / LES BAS

Relaxant et simple

Le corps des bêtes est un exil total et complètement dépaysant. Parfois doux, parfois dur, le roman est un grand mystère: il se situe dans une région éloignée inventée de toutes pièces, dans une époque qu’on ne saurait précisément déterminer. Même si certains passages sont plutôt « durs » comme les scènes mettant de l’avant des relations sexuelles qui semblent non consensuelles, j’ai trouvé le récit excessivement relaxant. Il m’a permis de décrocher totalement de notre époque : la surconsommation, les technologies, l’abondance, la richesse, les plaintes, le manque de temps, les guerres, les complexes… Tant de choses qui ne se retrouvent pas dans ce récit qui nous ancre dans une époque excessivement simple; l’homme va chercher à manger, la femme fait la nourriture, les adultes ont des relations sexuelles et les enfants jouent. Il s’y passe des péripéties, mais rien de forcé ou de trop sensationnel. J’ai trouvé cela excessivement ressourçant. Si vous recherchez un roman à l’Américaine où tout explose, vous serez toutefois déçus.

Une écriture impeccable

Le style d’écriture est propre, presque immaculé. Le vocabulaire est recherché. On sent que toutes les phrases ont été travaillées une par une. Je considère avoir un excellent niveau en français, et je serais malhonnête si je vous disais qu’il n’y a pas une vingtaine de mots que j’ai appris en lisant ce roman. Je dirais que les lecteurs plus novices auront beaucoup de mal avec les différents termes plutôt recherchés. Toutefois, même en ne cherchant pas les mots dans le dictionnaire, les phrases sont construites de sorte qu’on en comprend quand même le sens.

Une histoire originale

Je n’ai jamais rien lu de tel! Il faut dire que je lis généralement beaucoup plus les littératures de l’imaginaire (SFFQ), mais les concepts qui sont exploités à travers ce livre me semblent peu abordés dans la littérature en général. La flore, la faune à travers la sensibilité des personnages et de l’auteure. Généralement, il est possible de reconnaître quelle est la source d’inspiration de l’auteur, mais ici, je ne saurais dire. On dirait quelque chose de nouveau qui puise son inspiration dans le néant pour nous livrer une histoire magnifique.

APPRÉCIATION GÉNÉRALE

Excellent bouquin! À lire doucement et tendrement, pour les lecteurs expérimentés qui savent apprécier la déroute, le dépaysement. Pour ceux qui savent s’arrêter, prendre de grandes respirations, réfléchir, se détendre et se laisser emporter.