L’autoédition : voler de ses propres ailes (ou sans parachute)

Autoédition - Voler de ses propres ailes

 

Vous le savez peut-être, il existe plusieurs façons de publier un livre. Tout le monde connaît la méthode disons «traditionnelle» qui concerne les maisons d’édition et leur distributeur qui diffuse des publications par centaines à travers les librairies, les pharmacies et les grandes surfaces. Mais il existe une autre avenue empruntée par des auteurs qui n’ont, clamons-le haut et fort, pas froid aux yeux. Je parle ici des écrivains qui décident de se lancer en autopubliant leurs écrits. À tous ceux-ci, je dis bravo!

Pour me permettre de mieux décortiquer l’univers de l’autoédition, j’ai fait appel à 6 écrivains indépendants pour récolter leurs témoignages. Ce sont des gens qui, pour différentes raisons, ont pris sur leurs épaules toute la charge que demande la mise en marché d’un ou plusieurs livres. Voici donc le fruit de mes recherches portant sur ce milieu obscur éclairé par leurs visions de la chose.

Démystifier l’autoédition

Commençons tout d’abord là où le bas blesse : l’autoédition à mauvaise presse. Souvent boudé par les lecteurs (et encore davantage par la critique), le public redoute d’être confronté à une mise en page bâclée et un texte croulant sur les fautes. Évidemment, avec la venue du livre numérique et les services de publication en ligne (lulu.com, Smashwords, Amazon, etc..), n’importe qui peut publier un texte et se vanter d’être un auteur. Heureusement, ceux qui s’y improvisent pour les mauvaises raisons ne font pas long feu lorsqu’il réalise que le milieu littéraire ne leur permettra pas de devenir riches et célèbres. Les idées de grandeurs s’envolent alors très rapidement.

Pour les autres, les vrais, c’est surtout la passion qui les pousse à polir comme il le faut ce petit bijou qu’ils vont par la suite mettre en vente. Je vous rassure tout de suite, tous les auteurs que j’ai interrogés ont souligné toute l’importance d’offrir une œuvre de qualité aux lecteurs. Pour publier un texte d’envergure, il est primordial de s’entourer de bêta-lecteurs très sévères et, s’il le faut, de faire affaire avec des sous-traitants. Claudie Morin, auteure de la série historique Souviens-toi confirme que «trop de gens s’improvisent sur certains points, ce qui nuit à la qualité de leur travail final.»

Évidemment, mieux vaut tout mettre en œuvre pour mener à bien son projet, au risque de voir les ventes en souffrir. Dominic Bellavance, auteur de l’imaginaire et de guides pratiques portant sur l’écriture, confirme que : «le plus difficile [dans l’autoédition] est de n’avoir personne à blâmer si le processus tourne au vinaigre. On est vraiment le seul responsable (ou presque) du succès du produit.» L’auteur indépendant, tout comme l’auteur édité, a donc tout à gagner de peaufiner son texte avant de le mettre dans les mains du public. Cesser de craindre le monde de l’autoédition dès maintenant!

Une aventure solo

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, beaucoup d’auteurs passent par l’autopublication par choix (et non parce qu’aucun éditeur n’a accepté de publier leur manuscrit). Des gens comme l’auteure de Le parfum du vent, Myriam Plante, le font par pure liberté d’expression : «J’ai tout de suite su que c’était ça que je voulais faire. Je n’avais pas eu besoin de demander la permission de personne pour écrire […], et je ne voulais pas demander la permission de publier […] non plus!».

D’autres auteurs indépendants ressentent le besoin immuable de l’entrepreneuriat. Dominic Bellavance a depuis longtemps un penchant en ce sens : «Je voulais porter moi-même mon projet jusqu’à la ligne d’arrivée et en être responsable. J’avais un plan précis et les moyens à ma disposition pour l’exécuter.»

Et finalement, il y a ceux qui considèrent que l’édition traditionnelle ne répond tout simplement pas (ou plus) à leurs valeurs et leurs besoins. Des auteurs comme Claudie Morin et Pierre Laflamme, récipiendaire du prix spécial du jury Fondcombe 2017, considèrent que les délais de réponses des maisons d’édition sont parfois exagérés après la réception d’un manuscrit (rarement en bas de 6 mois) ou, qu’à l’inverse, ont leur impose d’écrire sous pression la suite d’une série pour pouvoir être publiée.

Voilà une multitude de raisons expliquant pourquoi ces auteurs se sont détournés des maisons d’édition pour continuer d’écrire ce dont ils ont envie et au rythme qui leur convient. Bref, de garder le parfait contrôle sur leurs publications.

Se faire connaître

Le grand public pense à tort que l’autoédition est la voie facile, mais ce chemin est parsemé d’embûches. Isabelle Laroque, aussi connue sous le nom de Zazoo Laro, déclare à tous ceux qui pensent se lancer dans l’aventure : «Armez-vous de patience et de nerfs solides. Cherchez comment faire la promotion de votre ouvrage. Attendez-vous à ce qu’on dénigre votre travail, que des critiques refusent de les lire en ayant l’impression que l’autoédition n’apporte que des livres autrement impubliables.»

L’auteur qui publie un livre, que ce soit avec une maison d’édition ou par lui-même, n’a qu’un véritable désire : être lu. Mais, contrairement à un livre distribué par un géant du livre, l’auteur autopublié se retrouve souvent seul face à l’adversité. Les chaînes de librairies refusent souvent de faire affaire avec un auteur indépendant et il en est de même avec les critiques littéraires. Aussi, les prix qui récompensent des ouvrages littéraires chaque année exclus automatiquement les auteurs indépendants. Alors, comment se faire connaître et trouver de nouveaux lecteurs?

Très certainement, il faut savoir être patient et même faire preuve d’autodérision pour ne pas se décourager. Myriam Plante en est un bon exemple en arborant fièrement son chandail «d’auteure inconnue» pour ses apparitions dans les salons du livre.

De son côté, Pierre Laflamme m’a fait découvrir son judicieux système de listes d’envoi répertoriant à la fois des libraires et des bibliothèques pour ainsi parvenir à amener le plus de livres possible sur les tablettes. Il m’explique que « les bibliothèques […] sont obligées par la loi d’acheter chez un libraire et jamais directement de l’éditeur [et encore moins d’un auteur] d’où l’importance d’être en contact avec les libraires.»

Dominic Bellavance utilise aussi des listes d’envoi, mais cette fois pour rester en contact avec ses anciens lecteurs, son entourage ou quiconque se montre intéressé par son travail. De cette manière, il rejoint des lecteurs potentiels directement via leur boîte courriel. Pas bête, non? Tous les auteurs gagnent aussi à être présent sur les réseaux sociaux et de tenir un site web avec un fil d’actualités pour permettre aux lecteurs de suivre leurs parcours. (Il faudrait d’ailleurs que je m’y mette XP)

Payer pour être publié

J’ai mentionné au tout début de cet article qu’il existe plusieurs façons de publier un livre. J’ai parlé de l’autoédition et de la publication traditionnelle, mais il existe encore une autre alternative qu’on peut considérer comme vivant entre les deux pôles : l’édition à compte d’auteur.

Certaines maisons d’édition, telles que Les Éditions des Mots Livrés, offrent des services comme la correction de texte, la conception graphique de couvertures et la mise en vente en échange d’une rémunération ajustée selon le manuscrit. Son éditeur, MiK Landry, confirme pouvoir offrir : «des services adaptés aux besoins des auteurs, car nous en sommes!». En effet, avant de devenir éditeur, il était lui-même auteur. Afin de publier ses propres écrits, il a décidé de se lancer en affaire et de fonder sa propre maison d’édition pour aider d’autres auteurs comme lui à trouver la voie de la publication.

En utilisant les services d’une maison d’édition à compte d’auteur, il faut toutefois s’attendre à débourser de sa poche d’importantes sommes. Les prix peuvent paraître imposants pour certains ce qui peut expliquer aussi pourquoi bons nombres d’écrivains font le choix d’occuper eux-mêmes toutes les tâches exigées par la publication d’un livre à la place.

Conclusion

Je vous laisse donc sur le judicieux conseil de MiK Landry : «Si l’on compare la publication d’un livre à l’accouchement, vous devez vous entourer : c’est IMPÉRATIF à la réussite de votre livre. Que vous alliez à l’hôpital pour une prise en main totale (édition à compte d’éditeur), que vous décidiez d’y aller avec un accompagnant (édition à compte d’auteur) ou encore en solo, il vous faut : des amis, de la famille, des contacts, bref du monde qui vous entoure.» Sur ce, bon accouchement!



Dominic Bellavance
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Livre à venir :
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Isabelle Laroque (Zazoo Laro)
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Meilleur vendeur :
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Pierre Laflamme :
https://pierre-laflamme.wixsite.com/
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Bibliographie :
https://pierre-laflamme.wixsite.com/pierrelaflammeromans

MiK Landry :
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Claudie Morin :
https://www.facebook.com/claudiemorinauteure/
http://claudiemorin.wixsite.com/claudiemorin
Dernière parution : http://claudiemorin.wixsite.com/claudiemorin/souviens-toi-tome2

Myriam Plante :
http://www.myriamplante.com/
https://www.facebook.com/MyriamPlanteArt/
Dernière parution :
http://www.myriamplante.com/dragon2.htm

Autre lecture intéressante :
https://www.uneq.qc.ca/2016/10/04/lautoedition-numerique-usage/