Livres comme l’air : libérez les auteurs emprisonnés

 « Je vous écris ces mots d’une cellule de prison. Mais je ne suis pas en prison. Je suis écrivain. »

– Ahmet Altan, auteur emprisonné, Turquie

20161118_livre_comme_laireQu’est-ce que c’est?

Livres comme l’air est un projet commun damnistie internationale, de l’UNEQ (union des écrivains québécois) et du  Centre
québécois du P.E.N. international. Il vise à la fois à démontrer une solidarité envers les écrivain-e-s emprisonnés, mais également à faire une pression politique et sociale sur les gouvernements des pays qui détiennent ces artistes. Pour cette journée mondiale du livre et du droit d’auteur, je trouve qu’il est plus important que jamais de faire connaître des initiatives telles que celles-ci.

Plus concrètement…

À chaque année, Livres comme l’air jumelle 10 écrivains québécois avec 10 écrivains emprisonnés. Les écrivains québécois leur dédicacent un roman, leur apportant ainsi du réconfort et une grande visibilité à leur cause. On met ainsi en lumière le talent d’ici et d’ailleurs. Cela fait plus de 18 ans que le projet existe et plus de 90 écrivain-e-s ont été libéré-e-s depuis.

Mais…qu’ont-ils fait pour être emprisonnés?

Ils se sont exprimés. Ils ont écrit. Parfois, ils ont dénoncé. Ils font parti de pays en guerre ou bien de pays à régime dictatorial. On les a emprisonné pour les punir, mais également pour qu’on les oublie. Mon avis est qu’à chaque fois qu’on en parle, on les libère un peu plus. Pour 2017, voici leur portrait (vous pouvez cliquer sur leur nom pour en savoir plus):

  • Liu Xia, poète de Chine, emprisonnée tout simplement parce qu’elle est la femme de Liu Xiaobo, éminent homme de lettres dont les opinions sont contestées par le régime en place.
  • Nazir Al Majid, protestant d’Arabie Saoudite, détenu pour avoir rédigé Je proteste, donc je suis un [bon] être humain et avoir écrit plusieurs articles d’opinion contestant le régime en place.
  • Ahmet Altan, journaliste turque, accusé de terrorisme pour avoir envoyé des « messages subliminaux » lors d’un débat télévisé.
  • Tayseer Salman Al Najjar, poète et journaliste des Émirats Arabes, accusé de porter atteinte à la réputation de l’État Émirien par ses écrits dénonçant des actions très répréhensibles de son gouvernement.
  • Golrokh Ebrahimi Iraee, auteure féministe iranienne, arrêtée pour avoir atteint les valeurs sacrées de l’islam en ayant écrit une histoire fictive sur la lapidation de la femme qui n’a, jusqu’à ce jour, jamais même encore été publiée!
  • Mehman Huseynov, blogueur et journaliste d’Azerbaïdjan, emprisonné pour avoir désobéi à un agent de la paix et accusé de diffamation puisqu’il a dénoncé les agissements des policiers qui l’ont gravement battu.
  • Nabeel Rahjab, auteur du Bahreïn, emprisonné pour avoir dénoncé la torture dans les prisons du Bahreïn et critiqué des tueries de civils imputables à la coalition menée par l’Arabie Saoudite au Yémen.
  • Shamael Al-nur, écrivaine et militante du Soudan, pour avoir rédigé « L’obsession de la vertu », livre dans lequel elle critique l’application de la loi islamique.
  • Hengameh Shahidi, érivaine de l’Iran, pour avoir contesté le régime en place.
  • Yahia Al Jubaihi condamné à la peine de mort pour avoir publié un article dans lequel il critiquait les raids perpétrés par les rebelles houthis et leur invasion de certaines régions du Yémen. Il a finalement été libéré.

Vous êtes alors à même de constater qu’il y a du progrès à faire dans le monde. Et on se doit d’être un peu plus que simples spectateurs de ces atrocités. Nous devons les comprendre, les remettre en question, les rendre visibles dans l’espoir qu’un jour, l’Histoire évolue et que la liberté d’expression soit un droit fondamental universel à travers le monde entier.

Et qui sont les auteurs québécois à qui on les jumelle?

Il s’agit d’hommes et de femmes qui ont à cœur la liberté d’expression. Voici le nom des participant-e-s de 2017 avec une ou deux phrases inspirantes ou touchantes de leur dédicace aux écrivains ci-hauts. Vous pouvez cliquer sur leur nom des auteur-e-s pour en savoir plus sur eux:

  • Fanny Britt, dramaturge : « Je suis de l’autre côté du monde. Ici, nous avons la joie et la liberté d’écrire, de lire et de rêver […]. Mais avec ces droits viennent aussi des devoirs, dont celui de ne pas passer les injustices sous silence et d’agir devant les inégalités. »
  • René Derouin, artiste : « J’aimerais te connaitre et partager ton espace et ta souffrance mon cher ami. J’aimerais que tu deviennes mon frère que j’ai perdu cher ami. »
  • Bernard Gilbert, écrivain : « Loin à l’ouest, à notre manière, nous sommes solidaires. Je vous souhaite non seulement de traverser les murs, mais surtout qu’ils disparaissent. »
  • Isabelle Larouche, écrivaine, animatrice et conteuse : « Chaque petit geste compte. Nous devons toujours être libres d’agir pour le bien des autres. »
  • Pauline Michel, romancière, dramaturge et scénariste : « Nous sommes là, même si nous sommes loin. Oui, nous sommes là pour vous encourager, vous admirer et vous confirmer que votre courage sert d’exemple pour changer l’Histoire du monde. »
  • Mylène Paquette, grande voyageuse et écrivaine : « Vous êtes déjà le grand vainqueur dans cette bataille, car votre liberté intérieure est immense. »
  • Hubert Nigel Thomas, écrivain : «  Je vis dans l’espoir qu’un jour très proche les droits humains de tous seront respectés et que nos efforts seront  plutôt consacrés à  améliorer le sort de l’humanité. « 
  • Virgil Serban, écrivain : « Étant né dans un pays communiste et dictatorial je connais la souffrance et les limitations imposées par un tel régime. Mais c’est grâce au courage et aux actions de personnes comme vous que les choses progressent vers un monde meilleur. »
  • Nicole Vachon, romancière :  » Les murs sont proches dans la section 209 réservée aux détenus politiques : une cellule de 1 mètre par 1,80 mètre, isolée et éclairée en permanence. »
  • Paul Roux, illustrateur et écrivain :  » Impuissant, je ne peux que dénoncer votre incarcération arbitraire qu’à travers des mots écrits sur une page blanche et m’indigner de votre condamnation à mort. Mais parfois les mots ne suffisent pas. »

Il y  a 170 autres écrivains d’ici et d’ailleurs à découvrir. Et, cette année, comme la tradition le veut, en 2018, 10 autres auteurs seront parrainés. Partagez en grand nombre et encouragez le projet en restant à l’affût et en suivant le site web : http://lca.amnistie.ca/presentation.htm.