Fantastique vs science-fiction?

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Je pose ici une question primordiale : entre le genre fantastique et la science-fiction, lequel est le plus populaire au Québec? Encore une fois, nous nous appuierons sur notre étude très sérieuse (oui, oui) effectuée au Salon du livre de Montréal pour tâter le pouls des Québécoises et Québécois et d’enfin savoir qui donc entre nos deux genres préférés remporte le combat. Je tiens à préciser que cette question a été posée en rafale, spontanément et surtout sans crier gare. Les répondants, tous des gens du milieu de la littérature, n’ont donc pas eu la chance de réfléchir à la question en profondeur, de Fantastique VS Science-fiction, sondage des filles de joualpeser le pour et le contre ou de méditer sur le sujet.

J’annonce donc sans plus attendre le résultat final : croyez-le ou non, pour un total de 50 personnes, 50% ont choisi la science-fiction et… vous l’aurez deviné, 50% le fantastique. Il n’y a donc officiellement pas de gagnants! Quel scandale!

Penchons-nous maintenant sur ces deux genres littéraires pour mieux comprendre les enjeux.

La Science-Fiction

Commençons tout d’abord par le début : qu’est-ce que la science-fiction exactement? Beaucoup de définitions existent et les sous-genres sont nombreux.

À ces débuts, les romans de science-fiction sont qualifiés de romans d’anticipation. L’objectif était alors de prédire l’avenir d’un point de vue scientifique et technologique. Depuis ce temps, une multitude de courants ont pris la relève, chacun avec ses adeptes. Les lecteurs plus pointus raffolent de la «hard science-fiction». Ce sous-genre est loin d’être en déclin si on compte les petits chefs-d’oeuvre qui voient le jour sur les tablettes, «The Martian» par exemple. D’autres sous-genres font aussi partie de la grande famille de la science-fiction et la rendent encore plus difficile à définir : notons la dystopie, le steampunk, le space opera, l’uchronie, le cyberpunk, le post-apocalyptique et encore bien d’autres.

L’excellent ouvrage de référence «Écrire et publier au Québec : les littératures de l’imaginaire» précise qu’un «récit dont un élément scientifique ou technologique est inhérent à l’histoire elle-même s’inscrit dans la science-fiction.» [1].

Le Fantastique

D’un autre côté, je dirais presque à l’opposé de la science-fiction, se trouve le genre fantastique; un genre où les personnages sont confrontés à l’inexplicable, où il est question de phénomènes paranormaux et donc non scientifiques. Je ressens déjà le besoin de tracer la ligne qui sépare le fantastique de la fantaisie, deux genres complètement différents, mais que nous avons tous tendance à confondre parfois, simplement à cause de la similarité des deux mots.

Le premier, le fantastique, est synonyme d’étrange. Les phénomènes ésotériques, les spectres et les démons en font partie. L’important est de retenir que les éléments paranormaux (fantastiques) demeurent inhabituels, inexplicables, voire apeurant pour les personnages.

C’est en fait tout le contraire de la fantaisie qui, de son côté, amène le lecteur dans un univers complètement inconnu où la magie est la norme. Bien que restreint par des limitations et des codes, il ne paraît pas étrange pour les personnages de voir apparaître des objets ou de côtoyer des créatures magiques.

Bref, il y a tout un pas à franchir pour confondre l’univers de Tolkien (fantaisie) à celui de Stephen King (fantastique/horreur).

Le fantastique, c’est lorsqu’un élément non réaliste s’incruste dans un univers de prime abord réaliste. Le fantastique implique que le personnage et/ou le lecteur expérimente le doute (de soi, des autres, des lieux, des événements, etc.) [2]

Dénichez tout ça au Québec

Maintenant que vous pouvez différencier sans effort les deux genres, vous devez vous demander : «Comment puis-je lire de la science-fiction et du fantastique? Est-ce que ça s’écrit au Québec?»

Et à tout ceci je réponds : «Mais bien sûr!» On utilise l’appellation SFFQ pour désigner tous ouvrages de littérature de l’imaginaire québécois. C’est donc qu’il existe une multitude d’œuvres entrant dans ces catégories. Soyez certains d’y trouver votre compte. À commencer par les maisons d’édition suivantes qui se spécialisent dans le domaine :

Revues littéraires

Et enfin, pour les auteurs en herbes qui rêvent d’écrire du fantastique ou de la science-fiction, cessez tout de suite et commencez à écrire. Il y a plusieurs revues littéraires qui ne demandent qu’à recevoir vos textes. Pensons à :

Sans oublier les revues virtuelles (les blogues si vous préférez) :

À votre tour maintenant

Et vous, si vous deviez choisir, seriez-vous plutôt du type science-fiction ou fantastique? Simplement, cliquez sur l’option qui vous convient le mieux dans le sondage ci-dessous. N’hésitez pas pour nous expliquer votre choix en commentaires. On veut savoir!


1. BLOUIN, Geneviève, LAUZON, Isabelle, ROCHELEAU, Carl (2017). Écrire et publier au Québec : Les littératures de l'imaginaire. Les Éditions Les Six Brumes, p.53
2. Idem, p. 54