Émeutes de Vic Verdier

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«Émeutes» est un roman à saveur Tarantinesque rédigé par Simon-Pierre Pouliot, mieux connu sous le nom de Vic Verdier, nom de plume honorant son grand-père. Ce livre sanglant et percutant, publié par les éditions Joey Cornu, m’a gardé en haleine du début à la fin!

Bien que l’histoire tourne autour de l’univers du hockey, vous n’êtes pas obligés d’aimer ce sport pour dévorer ce livre! Mise au jeu dans 3….2…1… :

SYNOPSIS

Vic est résolu de s’enlever la vie dans les heures qui suivront la soirée inoubliable qu’il désire passer avec sa fille lors de la finale de la coupe Stanley. Ses plans se voient chavirés par une émeute qui prend forme au centre Bell. Le court roman d’à peine 200 pages (173 pour être exacte) nous livre sept histoires percutantes qui s’entrecroisent et qui toucheront Vic, de près ou de loin. On explore dans ce livre le phénomène de foule et de la folie passagère. Tout s’escalade très rapidement; de la grogne populaire aux meurtres en série.

RÉSUMÉ AUDIO DE L’AUTEUR

LES HAUTS

Rythme effréné

 

Wow! Ça va vite! Quand on termine un chapitre, on n’a pas vraiment le choix d’en commencer un autre; ils se terminent tous par un éclat. Et, à même ceux-ci, malgré qu’ils soient très courts, on y retrouve plusieurs péripéties. L’action est soutenue, les descriptions sont toutes nécessaires et servent à établir l’ambiance de la manière la plus concise et simple possible.

Personnages vivants

On aime Vic Verdier. Et sa petite qui a un défaut de langage. On veut tuer, littéralement, deux des trois truands trafiquants. On veut prendre le chauffeur de taxi et la policière qui a vécu le pire, puis les asseoir près de nous, les écouter et les amener à prendre de meilleures décisions. On aimerait injecter la raison dans cet homme sans emploi qui se prend pour Jason dans Vendredi 13. On voudrait référer le gardien de buts à des ressources pour hommes et arrêter, à tout prix, ce blogueur.

Critique sociale

Vous savez, en tant qu’intervenante psychosociale, j’aime bien les critiques sociales que peuvent dégager certains romans. Ici, on beurre peut-être épais, mais on parle quand même de plusieurs enjeux sociaux dont l’individualisme, l’effet de la diffusion de la responsabilité, le suicide et les violences sexuelles. Tout ça dans une histoire excessivement bien délivrée, courte et non moralisante.

LES BAS

J’en aurais voulu encore plus! Je ne sais pas si cela peut vraiment constituer un « bas », mais l’histoire est si bonne qu’on aurait voulu qu’elle dure un peu plus longtemps. De plus, même si les personnages sont vraiment le point fort de ce livre, il y en a tout de même un que je trouvais, et de loin, moins intéressant que les autres (David) et un auquel j’aurais donné une importance plus grande et qui aurait tout simplement pu le substituer (Campbell). Tant qu’à prendre un personnage politique, je me dis, autant prendre le concerné de l’histoire. Bref, il ne s’agit que de quelques pages qui sont négligeables sur les autres et qui sont tout de même excessivement intéressantes même si elles auraient pu l’être encore plus à mon humble avis!

APPRÉCIATION GÉNÉRALE

Wow! Quelle histoire percutante! Ça va vite, mais on ne néglige tout de même pas l’intrigue et l’auteur réussit sans aucune misère à rendre les personnages vivants. L’histoire est complexe, mais l’auteur ne s’y mélange pas et nous rend le tout facile à suivre! On ne se casse pas la tête, malgré que les chapitres alternent entre les huit personnages. À cet effet, j’apprécie également ce clin d’œil aux scénarios de Quentin Tarantino, qui utilise, notamment dans Pulp Fiction, une narration non-linéaire où plusieurs histoires s’entremêlent. C’est habile et bien mené. Chapeau à l’auteur!