Entrevue avec Vic Verdier

Racontez-nous votre parcours d’écrivain? (études, concours, réseautage)

J’ai commencé par lire et lire, et lire. De tout et n’importe quoi, aussi bien en anglais qu’en français. C’est vers 2008 que je me suis essayé à la fiction. J’ai soumis un texte à Radio-Canada pour une « anthologie de récits québécois ». Le texte a été sélectionné – bien que coupé à la troisième mouture -, ce qui m’a donné l’étincelle : on trouvait que j’écrivais assez bien pour avoir le goût de me publier. Quelques mois plus tard, ce texte est un peu devenu le prototype de mon premier roman. Ça s’appelait : « Con comme un chasseur ».

Donnez-nous votre(vos) truc(s) pour échapper au syndrome de la page blanche?

Avoir plusieurs projets sur le feu. J’y pense dans la voiture, quand je me garde du temps pour moi. Une fois que l’histoire me semble bonne, j’enregistre un document de travail. Il y a toujours un moment où le roman me fait comprendre qu’il est mûr.

Qu’est-ce qui influence le plus votre écriture?

Les dialogues! Pour moi, quand le dialogue est fort, le plus gros du travail est fait.

Avez-vous un auteur favori et pourquoi?

Elmore Leonard – parce que c’est le dialoguiste le plus habile que j’aie eu le plaisir de lire. Ce gars-là est capable de happer un lecteur en trois paragraphe et il a déjà écrit un roman dans lequel il manque la fin… j’ai failli me choquer, jusqu’à ce que je me rende compte que la relation entre les personnages était si bien ficelée que la fin en devenait inutile. Le lecteur la connaît déjà. Ça, c’est de la maîtrise.

Parlez-nous de votre prochain projet d’écriture? Y a-t-il une date de sortie prévue?

Faces de bœufs. Ce sera la suite de Cochons rôtis. Une histoire où on parle d’art, de corrida, de caméras corporelles, de grossesse, de criminels qui se font passer pour des policiers. Bref, pleins de variations sur le thème des « faces » de policiers. J’aimerais le voir sortir à l’automne 2018.

Comment décrirez-vous un processus d’édition, de la soumission de votre dernier manuscrit à sa sortie en librairie?

Simple. Quand on a deux éditeurs qui attendent nos écrits, ça aide.

Justement, est-ce pour une raison de ligne éditoriale que vous travaillez avec deux maisons d’édition différentes? Les jeunes écrivains se demandent ce qui différencie les Éditions XYZ de Joey Cornu Éditeur. Pouvez-vous leur expliquer?

Il est évident que mes projets les plus « pétés » ne conviennent pas à XYZ. Leur lectorat fait confiance à la maison et a des attentes… que je ne remplis pas toujours! J’ai donc Joey Cornu pour les propositions plus osées.

Nos lecteurs l’ignorent peut-être, mais Vic Verdier n’est pas votre vrai nom. Nous aimerions savoir pourquoi avoir choisi celui de votre grand-père et qu’est-ce qu’il vous a apporté dans votre écriture?

Au départ, c’était une idée de marketing. Bête comme ça. Je voulais avoir plus d’une chance de piquer la curiosité d’un critique. Maintenant, j’ai décidé que Vic Verdier pour Simon-Pierre Pouliot, c’est comme Cœur de pirate pour Béatrice Martin – c’est mon projet littéraire, peut importe sa forme. (Je suis pas mal certain que mon grand-père en serait ravi.)

Parmi tous vos romans (6 si je ne me trompe pas), lequel est le plus proche de ce que vous souhaitiez livrer au départ?

Hmmmm. Je pense que c’est Émeutes. Pour ce roman, je savais vraiment quelle mécanique je voulais installer. Je pense qu’il livre la marchandise.

Encore une fois, parmi toutes vos réalisations, laquelle vous a pris le plus de temps à écrire, vous a donné le plus de fil à retordre? Pourquoi?

C’est Faces de bœufs! J’écris ce roman depuis vraiment longtemps. Il me trotte dans la tête, mais la gestation est longue. On va voir. J’ai récemment attaché quelques ficelles qui devraient le rendre prêt à sortir. Ce n’est pas grave; si ce n’est pas lui, ce sera un autre. Peut-être Red Hot Chili and Roses, une sorte d’histoire de super-héros en anglais? Peut-être Have a tabarnak de magical day, un roman sur l’explosion de la famille en plein cœur de Disney World… Peut-être une suite à l’Empire bleu sang – écrit à quatre mains, avec un ami qui explore une IIe Guerre modiale alternative… du dieselpunk! Je n’ai pas de crainte.

Vic Verdier, ou Simon-Pierre Pouliot pour les intimes, est un auteur qui marquera la décennie avec ses romans enlevants, irrévérencieux et surtout indémodables. Avec «L’appartement du clown» publié chez XYZ, il se fait remarqué par les médias et par un lectorat grandissant.

Pour ma part, je l’ai découvert grâce à son livre «L’empire bleu sang» publié chez Joey Cornu et récipiendaire du Prix Jacques-Brossard. Je peux aussi affirmer, après avoir fait sa rencontre, que ce sympathique écrivain garde la tête sur les épaules et le cœur sur la main en plus d’un talent tout aussi marqué.