«Le tueur des rails», un premier roman marquant

Le tueur des rails de Sylvain JonhsonIl me fait vraiment chaud au cœur de vous parler de ma plus récente lecture. Il s’agit du roman « Le Tueur des Rails » de Sylvain Johnson. Celui-ci m’a gracieusement donné la chance d’utiliser son service de presse pour me faire découvrir cet ouvrage publié aux éditions Porte-Bonheur de prime abord, puis chez L’ivre-Book par la suite. Ce thriller vous fera plonger dans l’univers trouble d’un homme qui a perdu son petit frère et celui d’un tueur en série auquel on prête tous les vices.

Synopsis

Tout débute lorsque Thomas est témoin de la disparition de son jeune frère Éric dans le boisé tout près des rails du chemin de fer. L’enfant se dépêcher d’aller chercher les secours, abandonnant Éric a son triste sort. Rendu à l’âge adulte, Thomas traîne toujours la culpabilité de ce meurtre impunie que les autorités attribuent au Tueur des Rails, un meurtrier en série qui fréquente les chemins de fers des environs. Lilly, une autre victime collatérale du tueur, n’a de pensées que pour lui depuis qu’il a assassiné sa mère. Par le plus grand des hasards, leur chemin va se croiser dans un bar de Montréal et ce qui s’annonçait une regrettable soirée se transformera en une quête ayant pour but de soulager tous leurs tourments.

Les hauts

Si je ne me méprends pas, il s’agit d’un premier roman pour l’auteur Sylvain Johnson. C’est donc l’occasion idéale d’être témoin de la percée d’un auteur aujourd’hui reconnu dans son milieu. J’ai trouvé sa plume très agréable et décèle un certain talent pour la mise en place d’un scénario aux multiples engrenages.

J’ignore si, dans l’intrigue, les actions effectuées par les soldats nazis en terre d’Amérique (je ne veux pas gâcher la surprise) sont basées sur des faits historiques démontrés ou s’il s’agit d’une pure création de l’auteur, mais je voudrais souligner l’originalité du concept. Une belle trouvaille qui m’a donné ce petit coup de pouce pour embarquer totalement dans ma lecture!

Les bas

J’ai cependant eu quelques difficultés avec le mode plutôt passif qu’impose le roman auquel, je dois le souligner à titre d’exemple, ne propose aucun dialogue avant le chapitre 5. Ce n’est pas quelque chose que j’ai vu très souvent dans un livre. J’ai donc été quelque peu déstabilisé au début. Durant le récit, on passe d’une période de temps à une autre, d’un souvenir à un autre. Et, même lorsqu’on se retrouve dans le moment présent, la narration nous garde le plus possible à l’intérieur des pensées des personnages, ce qui brise l’instantanéité que j’apprécie particulièrement dans une histoire. D’un autre côté, cela permet de cerner complètement les sentiments du personnage. L’intention dans l’écriture est donc claire à ce niveau et bien maîtrisée.

Un autre point est que certaines des questions sont restées sans réponse à la fin du livre. C’est sûrement dû au fait que je n’ai pas encore eu la chance de parcourir « La Mémoire du Tueur », la suite de ce premier roman. Je suis peut-être une lectrice exigeante, mais j’aurais voulu comprendre pourquoi les autorités considéraient que le même tueur s’était attaqué à la fois au petit frère de Thomas et à la mère de Lilly. Un tueur en série s’en prend habituellement à des cibles «types». Par contre, je n’ai pas trouvé de rapprochement facile entre une mère dans sa maison et un garçon jouant sur le bord des rails. La conclusion des autorités me paraît donc illogique. J’aurais préféré du moins que les personnages se posent la même question, ne serait-ce que de façon superficielle.

Appréciation générale

Enfin bref, bien que mon intérêt pour cette lecture ait quelque peu tardé, reste qu’elle a débouché en court de route et qu’elle n’a cessé de grimper par la suite. Je me suis complaît dans le style d’écriture fluide de Sylvain Johnson, j’ai apprécié l’originalité de certains concepts et je me suis laissée envelopper par les pensées d’âmes troublées. Ce premier roman marque donc le début d’une brillante carrière.