Trouver l’inspiration : LA grande question du processus créatif

Trucs et astuces d'écrivain - trouver l'inspiration : la grande question du processus créatif

Depuis le temps que je voulais faire cet article, je suis on ne peut plus fière que les étoiles s’alignent enfin et que l’occasion se pointe finalement le bout du nez. Mon envie de vous faire part de mon expérience personnelle ne date pas d’hier. Le concept du processus créatif a été abordé pour la première fois sur ce blogue par ma collègue fille de joual, Withney, lors d’un précédent article vraiment génial! Et comme elle l’affirme si bien, chaque artiste a bel et bien ses méthodes pour trouver des idées et ouvrir sa soupape à imaginaire. Il me paraît donc pertinent de renouveler l’expérience, cette fois en ma bonne compagnie. Alors c’est parti!

Tout d’abord, il faut savoir que chaque oeuvre débute par une étincelle. L’auteur, comme n’importe quel artiste, commence par avoir un objectif plus ou moins défini en tête. Parfois, il se résume à «vouloir créer quelque chose», ce qui n’est pas rien. Décider de repousser son train-train quotidien, utiliser de son précieux temps pour mettre une idée sur papier. Comme Dominic Bellavance le raconte si bien dans cette conférence captée sur vidéo, il faut accepter de sacrifier un temps donné quelque part pour pouvoir le mettre dans l’écriture. C’est un fait et les auteurs n’ont pas plus de temps libre (pour écrire) que n’importe qui d’autre. Ils sont tous des pères, des mères, des travailleurs à temps pleins ou partiels, des perfectionnistes ou des spontanés, des amoureux ou des amis fidèles.

Bref, il faut prendre le temps

Voilà quelque chose de bien difficile auquel peu de gens son enclin à accepter. L’auteur est celui qui accepte de prendre le temps d’écrire. La même chose est nécessaire pour trouver l’inspiration. On a souvent en tête l’image de l’écrivain ayant soudainement l’idée du siècle qui va révolutionner le monde littéraire et qui va lui permettre d’écrire tout un roman d’un seul souffle en une seule nuit. J’ai le regret de vous annoncer que, dans la majorité des cas, ce n’est pas ainsi que ça se produit… du moins, pas pour moi. Ayant passé plusieurs années sur chacun de mes romans, je peux vous confirmer qu’il s’agit plutôt d’un marathon que d’un sprint.

Mais alors, comment trouver l’inspiration?

L’une des questions qui reviennent le plus souvent d’un lecteur à un auteur est celle-ci : «Comment trouvez-vous vos idées? D’où vous vient votre inspiration?». Il s’agit d’une grande question à laquelle je reste parfois sans mot. J’ai donc voulu bien y réfléchir pour pouvoir répondre une bonne fois pour toutes à cette grande interrogation. En fait, il n’y a généralement pas une seule source dans laquelle l’auteur puise ses idées, mais une multitude. Ce peut être les gens de votre entourage, l’environnement culturel dans lequel vous êtes plongé ou bien une question métaphysique à laquelle vous tentez de répondre désespérément. Je dirais qu’il existe 3 grands types d’idée qui ont chacun leurs spécificités :

La révélation

Je suis forcée d’avouer qu’il existe bien, tel qu’on se l’imagine, des périodes de «révélation» où le cerveau, parfois en repos complet, nous permet d’avoir une idée de génie, un flash qui résout tous nos problèmes. Mais ce type d’idées ne peut pas vraiment être planifié ou provoqué et donc aucun auteur ne peut compter là-dessus pour pondre son histoire.

Les remue-méninges (brainstormings) et ateliers créatifs

Une méthode plus ou moins codifiée est celle de simplement discuter avec ses proches, de parler de la problématique à résoudre, d’échanger et de débattre. Aussi, plusieurs ateliers créatifs existent dans le but de susciter les idées. Durant mes études en création littéraire (2012-2015), j’ai été surprise de voir à quel point le mythe du «On ne peut enseigner la création» perdure. Certains de mes professeurs enseignent ce principe depuis déjà plusieurs dizaines d’années voyez-vous, mais entendent toujours des gens leurs répéter que c’est impossible.

J’ai suivi pour ma part des ateliers étonnants sur le sujet. Voici quelques exemples classiques:

  • Changer de décor par exemple. Vous êtes coincé dans votre histoire ? Aller prendre l’air et allez écrire dans un café. Le principe des écrivains ambulants démontre bien ce propos.
  • Il y a aussi le changement de perspective de l’histoire : changer de narrateur, de temps de verbes, de personnage principal, etc.
  • Utiliser vos autres sens pour décrire une scène. Il n’y a pas que la vue qui compte.

Voilà bon nombre de démarches qui pourront vous permettre de commencer du bon pied ou de vous décoincer le pousse-mine.

La recherche

Au final, un bon nombre d’idées viennent plutôt au cours de la recherche / documentation. J’ai, pour ma part, eu l’énorme ambition d’écrire sur des pays et des cultures que je ne connaissais pas de prime abord en plus de situer l’action au cours d’époques bien avant ma naissance. Mon premier livre «Les Gokans» se déroule dans un Japon du XVIIIe siècle. Je ne savais pas réellement comment les gens vivaient durant cette période, comment ils pensaient et ce qu’ils mangeaient au déjeuner. J’ai donc dû chercher sur le sujet, récolter des données, des photos, des textes. Évidemment, je ne me prétends pas du tout être devenue historienne depuis. L’important est qu’il faut pouvoir garder une certaine crédibilité dans chaque texte. Et c’est au fil de mes recherches que j’ai, par exemple, découvert réellement ce qu’était le théâtre Nô. C’est ce qui m’a inspiré la scène clef du début du livre. Ce sont les extraits vidéo et audio qui ont propulsé mon écriture et m’ont donné le souffle pour écrire davantage. On peut donc trouver l’inspiration en se documentant. Il n’y a pas de doute là-dessus.

En résumé, on ne sait jamais quand une idée va germer, mais on peut entretenir sa créativité en la nourrissant, comme on arrose une plante, je suppose :). D’autres activités comme la rédaction d’un plan ou de fiches personnages peuvent aider à trouver des idées et à relier des éléments ensemble. Ce n’est pas vrai qu’un auteur sait exactement tout ce qu’il va écrire avant de commencer, sans quoi, où serait le plaisir?

Une longue cogitation

Pour ma part, je ne fais jamais de plan. Hé oui! Je suis de la famille des «Jardiniers». Mais la quête d’inspiration n’en est pas moins de longue haleine. Vouloir écrire une histoire se résume pour moi à ouvrir un nouveau tiroir à idées (avec la même soupape) et laisser s’accumuler les idées inspirantes. Le processus peut durer des semaines, voire des mois. Heureusement, il y a tout de même ce moment où je juge ne plus pouvoir en accumuler davantage.

Ça y est! Le temps est venu de faire les choses sérieusement.

Je me mets alors à dresser des fiches personnages, à lire, à documenter, à collectionner des photos, des lectures de références, tout ce qui peut être digne d’intérêt pour mon sujet. Je n’utiliserai peut-être que la moitié, mais bon, on ne sait jamais. Puis, des semaines peuvent s’écouler encore. Finalement, viens le moment où je crois exploser. La pression est trop forte, il faut laisser s’échapper les idées trop longtemps recluses. En général pour un roman, je ne prépare à l’avance pas plus de 2 chapitres à la fois et garde en tête seulement une vague idée d’où je m’en vais. Ça peut paraître bancal pour certains, mais c’est ainsi que ma créativité s’exprime le mieux. Et c’est ainsi que le premier jet débute… mais ça, c’est une autre aventure.

Je vous laisse donc là-dessus en vous disant simplement que pour trouver des idées, il faut simplement s’ouvrir et rester alerte. Ça peut venir de votre télésérie préférée, d’un mauvais jeu de mots ou bien d’une mésaventure durant un voyage, reste que tout est inspirant et qu’au lieu de se dire : «Mais où vais-je donc trouver MON idée du siècle?», il faudrait plutôt voir les choses ainsi : «Mais comment vais-je choisir parmi toutes ces sources d’inspiration?». Je souhaite à tous une inspiration fleurissante et une belle récolte d’idées.