Un Dieu parmi les hommes de Sylvain Johnson

un-dieu-parmi-les-hommes-700« Un Dieu parmi les hommes » est un roman fantastique rédigé par l’illustre Sylvain Johnson. Ayant publié plus d’une vingtaine de nouvelles littéraires et bientôt dix livres, il est encore plus connu depuis sa participation à la collection Corbeau des éditions AdA avec son nouveau livre Le Monstre de Kiev et avec la parution, pour les fanatiques d’horreur québécois, de son oeuvre « Le joueur de flûte de Hamelin » dans la série des contes interdits. Je ne peux malheureusement pas vous parler de tous ces romans en même temps, je vais donc me consacrer ici à cette histoire dystopique d’un Clark Kent plus vrai que nature. J’ai tout de suite été attirée par ce roman grâce à sa couverture qui fait vibrer en moi cette fibre geek.

SYNOPSIS

Alors que Diane croit mourir dans la boue par les jointures de son mari violent, un objet chute de la stratosphère pour atterrir à quelques mètres d’eux. Ils découvrent alors Carl, cet extraterrestre aux super pouvoirs qui revêt toutes les allures d’un humain. L’enfant n’est toutefois pas tombé au meilleur endroit. Une mère très religieuse, un père violent et profiteur, des camarades de classe intimidants et plusieurs circonstances tragiques; qu’arrivera-t-il à cette réplique de Clark Kent au sein de cette famille dysfonctionnelle?

LES HAUTS

J’ai adoré le fait que l’action se déroule au Québec, et pas juste dans les grands centres urbains. On est d’abord à Ste-Thècle, pour finalement se retrouver à Trois-Rivières. Les villes ne sont pas que nommées, on s’y retrouve vraiment. Enfin, une histoire qui se déroule ailleurs tout en restant ici !

De plus, j’ai trouvé les descriptions des passages d’action très prenantes. On est essoufflé pour le personnage. Le rythme des descriptions est excellent. Il est impossible de s’arrêter au milieu d’un passage intense :

Son partenaire fut incapable d’éviter le train inhumain qui fondit sur lui, la distance franchie en un millième de seconde. Il l’agrippa au cou et au poignet, brisa le membre fragile qui tenait une arme. L’objet percuta le sol pour y rebondir.

Sylvain Johnson maîtrise sans conteste les mots, les émotions qu’il veut qu’on ressente via la lecture. On passe de la tristesse, à la colère, à la honte, aux regrets. C’est excessivement bien rédigé, même si j’ai repéré quelques fautes d’orthographe. Je crois qu’il s’agit plutôt d’un travail de révision linguistique que d’auteur. L’erreur est humaine; je suis la première concernée par cette problématique haha!

En outre, j’ai également aimé qu’on parle de la problématique de la violence conjugale. Il y a quelque chose de plus vrai que nature dans ces descriptions. L’auteur semble avoir porté une grande attention à la recherche et à la transmission des sentiments que peut vivre une victime. Même dans la fiction, les problèmes sociaux sont présents et celui-ci est abordé dans un grand respect.

J’ai aussi apprécié le questionnement à la toute fin du livre. Au début, je ne comprenais pas ce qu’il signifiait. Ce n’est que quelques minutes plus tard que j’ai compris où l’auteur voulait en venir (je crois!). J’aime cet effet de mystère qu’on résout après plusieurs minutes de réflexion. J’ai même eu la chance d’en discuter avec l’auteur, qui est d’ailleurs très accessible.

LES BAS

Je crois que l’action se veut être un crescendo infernal jusqu’à la descente aux enfers du protagoniste. Toutefois, on sait déjà, lors du premier chapitre, à peu près du moins, comment le livre se terminera. C’est bien, dans un sens, car on sait tout de suite qu’on est en présence d’un livre de genre fantastique, mais ça enlève un peu de l’intrigue. Je n’ai pas trouvé les actions de plus en plus horribles, les événements de plus en plus tragiques. Ils l’étaient, mais je n’ai pas ressenti cette ascension. Pour moi, du moment où il est né, jusqu’à la fin de l’histoire, le protagoniste était déjà en enfer et y est resté. C’est quand même excessivement intéressant à lire, mais je crois que cet effet de gradation n’a pas été complètement réussi, s’il était désiré par l’auteur.

Un autre petit bas est le ton de l’histoire. Je suis partagée entre l’humour et la tragédie. Oui, on peut essayer d’incorporer des éléments drôles à une histoire pour réduire la tension, mais l’effet ne m’a pas été aussi agréable que prévu. On ne sait plus, à un certain moment, si cela est censé être drôle ou complètement dramatique. Les événements qui se passent sont tous extrêmement intenses, mais quelques attentions, comme le surnom ou l’accoutrement de certains personnages, sont plutôt loufoques.

APPRÉCIATION GÉNÉRALE

J’ai bien aimé ce roman. L’action est prenante, même si elle n’est pas graduelle. L’utilisation de notre belle province m’a également beaucoup plu. Le ton était parfois mal défini à mon avis, mais cela ne nous empêchait pas de ressentir les émotions que Carl (protagoniste) ressentait. Une vraie montagne russe. Si vous aimez les références geeks comme moi, il s’agit d’un livre à se procurer absolument! Bonne lecture!