Achète mon livre! Réflexion sur l’auto-promotion

Blogue filles de joual - achète mon livre! Réflexion sur l'auto-promotion

Me revoilà avec un nouvel article pas tout à fait comme les autres. Cette fois, je vous propose (impose XD) ma réflexion sur la vente de livres, je parlerai donc d’autopromotion. J’ai choisi ce sujet aujourd’hui parce que baigne en ce moment en plein dedans. Pour être franche avec vous, c’est la principale raison pour laquelle les publications des filles de joual sont en baisse par les temps qui courent. J’espère que vous saurez me pardonner ce petit relâchement, lecteurs assidus. Donc, je disais que j’étais en mode «promo» à fond la caisse. À cause / Grâce à la sortie de mon dernier livre au mois de mai, je suis retombée dans le monde de la vente, du marketing et de l’interaction sociale à but lucratif; un domaine où je ne suis généralement jamais à mon aise. En tant qu’auteure et blogueuse littéraire, j’aime parler de ce qui m’interpelle, de ce qui me passionne, de ce qui me choque ou me réjouit avec les autres. J’aime l’idée du partage, de la discussion à proprement parler …un peu moins celle de la vente à pression. Il faut dire que je suis une personne timide qui se cache bien et une anxieuse assumée de surcroît. Alors quand vient le temps de convaincre un inconnu que c’est MON livre qui vaut plus la peine d’être acheté plutôt que les centaines d’autres tout juste à côté, j’ai parfois du mal à m’assumer.

En tant que grande rêveuse, j’aime voir l’écriture comme une forme d’expression artistique qui a simplement le potentiel de circuler, d’être lue et d’être partager. L’idée d’y mettre un prix n’est toutefois pas ma tasse de thé. Malheureusement, je dois bien moi aussi nourrir ma famille et espérer récolter une paye pour le fruit de mon travail (puisque travail il y a bien eu). Heureusement qu’il y a ces personnes prêtes à encourager les auteurs de la relève. Des initiatives comme celle de la journée du 12 août, «J’achète un livre québécois» m’émeut tout particulièrement. J’espère que leur nombre et leur popularité iront en augmentant.

Avec ma première publication 2011, j’ai découvert plusieurs choses sur la vie d’auteurs tel le fait qu’ils doivent porter plusieurs chapeaux. Dommage que le débutant, comme moi, se voit un peu moins à l’aise d’en porter certains. Encore aujourd’hui, j’apprends le métier et ses multiples facettes et je réalise que la promotion demande vraiment beaucoup de temps (planification, déplacement, réseautage, etc.) et beaucoup d’argent aussi (marque-page, publicités Facebook, conception de bannières, hébergement, voyage, salon du livre). Un petit nombre d’auteurs ont la chance d’être supportés par leur maison d’édition. Celle-ci couvre certains de leurs frais ce qui n’est pas négligeable. D’autres auteurs sont récipiendaires de bourses et c’est tout aussi formidable! Mon cas se situe toutefois dans une catégorie un peu plus méconnue. Étant donné que NumérikLivres, mon éditeur actuel, est basé en France, il ne peut pas beaucoup contribuer à me donner de la visibilité dans ma région ou financer mes initiatives toujours de l’autre côté de l’océan. Il est donc normal que je me sente parfois un peu seule dans cette aventure affublée de ce chapeau d’autopromoteur. Les libraires me catégorisent souvent comme un «auteur indépendant» et je peux comprendre leur vision. 😦 Ça ne m’empêchera pas de foncer!

Tout au long de l’année, j’ai l’intention de mener les bouchées doubles, de piler sur mon orgueil de timide antisociale et de foncer parler aux gens de mon livre au risque de les embêter un peu. Mon but n’est évidemment pas de marteler le fait qu’il faut absolument acheter mon livre parce qu’il est le meilleur; «La meilleure lecture d’été, le plus vendu dans sa catégorie, le meilleur livre de fantastique». Évidemment, il n’y a jamais eu plus faux que ce genre de propos. En fait, j’ai compris plutôt qu’il me faut montrer aux gens mon univers, mon cheminement, l’originalité de ma proposition et ainsi les convaincre petit à petit qu’ils ne seront pas déçus par cette lecture. Cette année déjà, je me suis fait plusieurs amis littéraires (j’appelle ainsi les auteurs qui ont croisé mon chemin) et nous avons décidé de nous encourager mutuellement en échangeant nos livres et en n’en parlant à notre entourage. Pourquoi ne pas s’entraider au lieu de faire compétition? Il y a assez de place pour tout le monde après tout. J’aspire seulement trouver la mienne dans le monde merveilleux de la littérature de l’imaginaire québécois et ainsi additionner ma voix à celles des autres auteur-e-s de par chez nous. Comme Gilles Vigneault le dit si bien :
Gilles Vineault photo

«Tout a déjà été dit, mais pas par moi.»

J’espère donc pouvoir enrichir la littérature québécoise de ma couleur et incite tous les aspirants auteurs à faire de même. Il faudra jongler entre le rôle d’écrivain, de correcteur, de lecteur, de critique, de juge, de vendeur, de directeur marketing, de préposer de bureau, de gestionnaire des réseaux sociaux, de blogueur et de chroniqueur. Enfin bref, écrire exige un trouble de personnalité multiple. Reste qu’écrire est le plus beau travail du monde! Transformer des pages blanches ou un curseur sans personnalité en un univers riche et cohérent où les personnages gravitent en interrelation et où s’enracine une intrigue bien ficelée, il s’agit d’un véritable exploit!

Alors, je me dis que s’il faut parler à 1000 personnes pour ne vendre qu’un seul livre, ça en vaudra tout de même le coup. Et à chaque conversation que j’entame, je perfectionne peu à peu mon discours et je partage ma passion pour la lecture. Le territoire est vaste, les lecteurs sont dans les quatre coins du Québec et je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour les rejoindre d’une façon ou d’une autre. Merci d’avoir lu mon petit cri du cœur et je vous souhaite une bonne lecture, où que vous soyez et qu’importe le livre qui atterrit entre vos mains.