Les Guerriers des ténèbres (livre 1) par Katherine A. Ouellet

Les Guerriers des ténèbres par Katherine A. OuelletJ’aimerais vous faire découvrir aujourd’hui une quadrilogie pour jeunes adultes bien prometteuse, une jeune auteure de Sept-Îles et une maison d’édition sortant tout juste sa première cuvée littéraire. Un programme triple dont vous ne serez certainement pas déçu. Je commencerai tout d’abord par vous parler de la très charmante Katherine A. Ouellet dont j’ai pu faire la connaissance lors d’événements littéraires tels que le Médiévales Lanaudière. Je n’ai donc aucune hésitation à dire que c’est notre passion commune pour les mots est la magie du fantastique qui nous a rapprochés. Son premier roman «La Quête du Griffon» marque le début de la série «Les Guerriers de Ténèbres» en plus de la concrétisation de pas moins de 10 années de dur labeur et de réflexions; un parcours qui me rappelle étrangement quelque chose. 🙂

Quant à cette mystérieuse maison d’édition, il s’agit de Luzerne Rousse et de ses deux cofondatrices, Sophie et Stéphanie, qui marquent le coup d’envoi d’une entreprise prometteuse. Voulant se concentrer sur la littérature dite Young Adulte, elles ont décidé de cibler un lectorat en effervescence. Je leur souhaite beaucoup de succès pour la suite des choses.

Revenons à présent au cœur de cet article, c’est-à-dire le premier livre des «Guerriers de Ténèbres» que j’ai lu au même titre qu’un service de presse ordinaire auquel je n’aurais jamais rencontré l’auteur. Je vais donc tenter de rester impartiale et de vous donner mon humble avis de fille de joual. Alors, commençons par un petit résumé de l’histoire si vous le voulez bien.

Synopsis

Voici les aventures de six adolescents promis à un destin beaucoup plus grand qu’eux. Formant la nouvelle génération de l’ordre des Guerriers de Lumière, ils portent sur leurs épaules la tâche colossale de rétablir l’équilibre dans le monde de Théïa. Celui-ci est divisé par une guerre depuis trop longtemps, mais l’Enchanteresse Rowenna semble avoir foi en la prophétie. Tous affublés d’une pierre magique, les Guerriers devront apprendre à maîtriser les éléments et à vivre ensemble malgré leurs différences. Kérinne, une adolescente de 14 ans provenant de notre monde, se tiendra parmi leurs rangs avec tout le feu d’une future guerrière. Réussira-t-elle à prendre sa place dans cet univers fantastique et mystérieux?

Les hauts

«Les Guerriers de Ténèbres» et son premier livre : «La Quête du Griffon», consiste bel et bien en une véritable immersion dans un univers riche et diversifié créer de toutes pièces par son auteure. Marchant sur les traces des plus grands comme Tolkien, Katherine A. Ouellet a su tisser sa propre toile narrative et forger sa voix. Les concepts, les références et les cultures des différents peuples vont bien au-delà du livre et on sent tout à fait le travail derrière. Le lecteur peut se sentir parfois dépasser par cette profondeur, heureusement pour lui, une encyclopédie complète comprenant un glossaire ainsi qu’une carte géographique se retrouve à la fin du livre.

À l’intérieur, des éléments bien ancrés dans la fantaisie tels les elfes, les monarchies, les chevaliers, côtoient d’autres qui sortent tout droit de l’imaginaire de l’auteure (ex : un Dragonien, une ère de cendre, un esprit gardien) générant ainsi un heureux mélange. Et évidemment, cela fait toujours plaisir de voir un livre qui tente de briser les conventions en nous présentant un dragon sympathique, une fille qui sait se battre ou un méchant qui s’appelle Matt. Ça amène une touche rafraîchissante durant la lecture.

Pour vous pointer du doigt certains éléments précis que j’ai tout particulièrement appréciés, je nommerais le personnage de Marie et son tempérament bouillant qui m’a fait bien rigoler. Quand on sait qu’à plusieurs reprises, ses amis doivent la contenir pour l’empêcher de causer une erreur diplomatique envers un autre peuple, par exemple, on peut très certainement la qualifier comme un personnage marquant.

D’autres entités magiques, telles que Alicina qui agit comme un ange gardien pour Adryan m’a bien intriguée. Bien que je ne sois pas certaine d’avoir tout compris à son sujet, j’aime l’idée qu’un personnage puisse faire appel à ses services à volonté et être informé d’une situation donnée alors qu’il n’est pas sur place. De cette façon, il peut être à deux endroits à la fois.

Les points négatifs

Parce qu’il faut bien admettre qu’aucun livre n’est parfait, je ne peux pas passer à côté des quelques bémols à son sujet. Je tiens tout de même à rappeler qu’il s’agit de mon point de vue bien personnel et que je ne me considère pas tout à fait comme faisait du public cible. Voici donc les aspects que j’ai un peu moins apprécier.

Il me faut spécifier que, de prime abord, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre en débutant la série «Les Guerriers de ténèbres». Contrairement à ce qu’on pourrait croire, je n’ai reçu aucune introduction de la part de l’auteure quant à l’intrigue ou aux différents personnages. L’idée de lire le livre d’une collègue écrivaine allait de soi et je pense donc ne pas même avoir lu la quatrième de couverture avant de me lancer dans cette aventure. Je me suis donc happée à plusieurs surprises qui m’ont quelque peu déstabilisé au début. Il me faut avouer que les quatre premiers chapitres m’ont paru très complexes et ardus. Je me trouvais un peu dépourvu face à cet univers qui n’était pas le mien et auquel j’étais encore ignorante. Des noms inconnus, des races étrangères, des divinités abstraites. J’ai pataugé quelque peu dans des eaux troubles jusqu’à atteindre le 5e chapitre où tout c’est enfin éclairé! J’ai été surprise de me retrouver soudainement au Québec, à Sept-Îles plus précisément, dans la vie d’une adolescente qui pourrait être moi à une certaine époque. Ça été mon point d’ancrage qui m’a permis de poser pied-à-terre et de parvenir enfin à découvrir cet univers magique.

Le second aspect négatif est encore une fois bien personnel, mais je précise que j’ai un peu moins l’habitude de lire des histoires pour adolescents. La plume de l’auteure reste évidemment adaptée à ses lecteurs, sans doute plus jeunes que moi. Une plume franche et efficace. Il n’est pas vraiment question de s’emporter dans des métaphores complexes ou les exposés lyriques qui flirtent avec la poésie. J’apprécie habituellement un vocabulaire plus riche et une profondeur dans les propos un peu plus étoffés, mais je salue tout de même la simplicité de l’écriture.

Un autre aspect est probablement dû à mes rares excursions dans la littérature fantaisiste, mais j’ai trouvé parfois certaines situations un peu confuses. L’exemple que j’ai retenu est cette habitude à utiliser de multiples synonymes pour désigner un seul et même personnage. Il s’agit probablement d’une peur de la répétition, reste que j’y ai été parfois un peu perdue bien malgré moi. Voici un court extrait. J’ai mis en gras les différents termes pour qualifier un même personnage.

Les dernières paroles d’Eälan le hantaient : il devait veiller sur eux. L’adolescent aux yeux d’émeraude posa un regard tendre sur la Gaïenne. Elle dormait paisiblement. Le jeune homme s’infiltra dans ses rêves et découvrit qu’elle se sentait parfaitement en sécurité […].1

J’aurais un dernier point à ajouter concernant l’étape de finition du livre. Je suis obligée de soulever le fait d’avoir trouvé quelques coquilles durant ma lecture. On ne parle pas ici de véritables fautes d’orthographes, mais plutôt de mots doublés dans la même phrase ou d’erreurs de mise-en-page, ce qui est probablement normal pour une maison d’édition qui débute. Je ne doute pas que Luzerne Rousse trouvera avec le temps sa cadence pour bien peaufiner chaque ouvrage à la perfection. Pour l’instant, je crois que ses efforts sont mis pour trouver des lecteurs, se faire connaître sur le marché et ramasser des fonds pour pouvoir grandir et poursuivre leur mission. Je lève mon chapeau à cette initiative plus que louable.

Conclusion

Je vous laisse donc entre les mains cette première chronique portant sur la fabuleuse série des «Guerriers de Ténèbres»; une lecture idéale pour quitter son quotidien et plonger dans un tout autre monde. Un premier roman bien prometteur qui démontre un imaginaire presque sans limites. Bref, une lecture pour les jeunes de 13 ans et plus amateurs de magie, d’aventures et qui recherchent ce très fort sentiment de franche camaraderie qu’on a tendance à perdre en vieillissant. Malgré ces quelques défauts, ce livre démontre un charme incontestable et gardez en tête qu’il marque le début d’une grande aventure.


1. A. Ouellet, Katherine (2017). Guerriers de Ténèbes, tome 1, La Quête du Griffon. Luzerne Rousse, p. 306