«Motel Galactic» un voyage hilarant dans l’hyperespace

Motel Galactic par Francis Desharnais et Pierre Bouchard, pow pow Il s’agit d’une première pour le blogue Fille de joual, j’ai l’honneur de vous présenter une critique littéraire sur une bande dessinée. Évidemment, le plaisir de la lecture ne passe pas uniquement par les romans et les nouvelles, mais par tous médiums utilisant des mots sous forme d’intrigues ou de métaphores. La bande dessinée représente pour moi un mariage parfait entre mes deux grandes passions : l’écriture et le graphisme. Mais assez parlé de moi!

Entrons tout de suite dans le vif du sujet qui sera ici la bande dessinée «Motel Galactic» publiée aux éditions Pow Pow. J’ai eu la chance de rencontrer en personne Francis Desharnais, l’auteur, avec qui j’ai échangé une sympathique discussion. Il n’a eu qu’à me raconter son concept de futur dominé par les Québécois et le joual comme langue d’usage pour me convaincre de me procurer son livre sur le champ. Après tout, je suis une fille de joual. ;-p

Débutée en 2011, cette série en 3 volumes réjouira n’importe quel adepte de la culture québécoise intrigué par la science-fiction rocambolesque et satirique. Avec le style visuel que je qualifierais de «brouillon volontaire» de Pierre Bouchard, on plonge dans un monde émoustillant. De prime abord, on pourrait croire avoir affaire aux naïfs dessins d’un collégien en manque de motivations durant ses cours de math, mais ne vous méprenez pas! La qualité narrative est bien présente et l’originalité de chaque concept futuriste surprendrait les plus sévères.

Motel Galactic par Francis Desharnais et Pierre Bouchard, pow pow

Synopsis

On y raconte l’histoire de Pierre Bouchard 2.1.1 (pas le dessinateur, mais c’est tout comme) qui utilise son spatio-jet pour parcourir l’espace à la recherche de contrats plus ou moins payants. Tout comme la majorité de la population, il est un clone qui utilise ses temps libres pour en savoir plus sur le Pierre Bouchard 1.0, celui d’origine. Le fait que la Terre ne soit plus habitable rend par contre ses recherches un peu plus ardues. Dans cet univers, les villes terrestres ont été reconstituées sur de multiples planètes situées aux 4 coins de la galaxie. L’enquête de Pierre Bouchard 2.1.1 avance tranquillement, aucune véritable surprise ne se pointe sur sa route, jusqu’au jour où il trouve la mention du Motel Galactic dans les archives, un endroit en banlieue de la Voie lactée. Comment l’original Pierre Bouchard aurait pu se rendre là-bas? Plusieurs incidents pousseront notre protagoniste à aller sur place. Pierre Bouchard 2.1.1 y découvrira alors l’étonnante vérité!

Et comme c’est si bien écrit :

Y’a personne qui a dit que l’avenir ça devait être plus intelligent! (p. 14)

Les hauts

Pour ma part, bien que le premier tome soit sorti en 2011, c’est pour moi une découverte complète. Je n’avais jamais parcouru d’ouvrages des éditions Pow Pow jusqu’ici, je peux donc dire qu’il s’agit d’une surprise doublement agréable.

L’originalité des concepts, bien que plus ou moins scientifiquement discutables, dénotent un univers riche et haut en couleur. Que ce soit par l’explication rapide, mais efficace de la numérotation des clones qui sont à la fois «améliorés» et «dégradés». Sans oublier la planète de «granolas», la seule communauté à ce jour encore contre le clonage et voulant se rapprocher de la nature. L’idée que ceux-ci se regroupent pour jouer de la musique comme autrefois et se racontent des contes et légendes qui sont en fait nos classiques du cinéma tels que «Retour vers le futur» m’a fait bien rigoler. Je pourrais mentionner aussi les machines «AKOITUPENSES 3000» qui permettent de projeter les pensées d’une personne dans la tête d’une autre.

J’ai aussi été ravie que la richesse de cet univers soit ficelée autour d’une intrigue palpitante. J’ai lu avec l’envie constante de savoir la suite. Du mystère, de l’action, des rebondissements. Tout y est! Il me tarde de me procurer le second volet de cette série.

Motel Galactic par Francis Desharnais et Pierre Bouchard, pow pow

Les bas

Je n’ai pas grand-chose à dire de négatif pour ce qui est du tome 1 de Motel Galactic. Il me faudra poursuivre ma lecture pour approfondir mon opinion. Comme dans n’importe quelle bande dessinée, la lecture est vraiment très rapide, pas plus d’une heure, et il m’est donc resté un arrière-goût de déception : j’en aurais voulu encore plus.

Aussi, et c’est peut-être mes compétences de graphiste qui me font dire cela, j’ai parfois trouvé que le style «garroché» (selon le terme utilisé en 4e de couverture) affectait la lisibilité. Les phrases ne sont pas souvent alignées entre elles, certaines lettres sont entassées sur les autres et, surtout, je n’ai pas compris pourquoi on alternait parfois entre des lettres moulées à des lettres attachées. Ça m’a donné par moment l’impression de lire l’écriture d’un enfant. Ma lecture a été quelque peu entravée en ce sens.

Conclusion

Je me dois tout de même de finir sur une note positive, car, laissez-moi vous le rappeler, «Motel galactic» tome 1 vaut franchement le détour. Une intrigue enlevante, un univers riche et rigolo et des personnages attachants. Si le choix de la typographie ne vous affecte pas trop, lancez-vous dans cette aventure rocambolesque. C’est un incontournable!