Entrevue avec Sonia Alain, auteure de romance… et d’horreur!

Sonia AlainSonia Alain est une auteure québécoise née à Matane dont la réputation n’est plus à faire. Avec plus de dix romans à son actif, elle a su percer le marché québécois. En avril 2018, elle a publié Le petit chaperon rouge aux éditions AdA au sein de la célèbre série des contes interdits. En novembre 2018, elle publiera le troisième tome « D’amour et de haine », un roman très attendu par son lectorat assidu. Sa bibliographie compte 1 nouvelle, 2 livres et 3 séries1 dont le genre est majoritairement axé sur la romance historique, sans toutefois s’y restreindre. Bien que la majorité de ses titres se retrouvent au sein des éditions AdA, cette auteure a publié en 2016 un roman érotique, Annabel et Max, adultes consentants chez LER (Les Éditeurs Réunis). Avec l’éditeur L’Ivre-book, elle a participé au recueil de nouvelles de romance s’intitulant L’Ivre Cœur 2017 dont tous les profits amassés entre 2017 et 2018 ont été remis, en février 2018, à la Fédération Nationale Solidarité Femmes, réseau d’associations luttant contre les violences faites aux femmes. Sonia Alain a eu la grande gentillesse de répondre aux questions suivantes :

1. Parlez-nous de votre parcours d’auteure.

Déjà adolescente, j’aimais écrire des histoires pour le plaisir. Mais, c’est plus tard, vers la trentaine, que j’ai décidé de commencer à écrire plus sérieusement. Étant donné que mon premier roman était historique, j’avais envoyé mon manuscrit à VLB édition et par bonheur, ils l’avaient accepté. Par la suite, j’ai dû changer de maison d’édition et c’est à ce moment-là que je me suis retrouvé chez LER (Les Éditeurs Réunis). Étant donné qu’ils ne publiaient par de fantastique (ce que j’aimais aussi écrire), je me suis ensuite dirigée vers les Éditions AdA. Aujourd’hui, je demeure avec les deux maisons d’édition (LER et AdA).

Maintenant, j’écris à temps plein, et depuis peu, je fais également de la révision littéraire pour les éditions AdA.

Romans sonia Alain

2. Quels sont vos trucs pour échapper au syndrome de la page blanche?

Je fais beaucoup de recherche, ce qui me nourrit dans mon écriture.
Je réfléchis aussi d’avance à mes prochains romans, laissant cogiter peu à peu l’histoire dans mon esprit avant de me mettre à l’écriture. De cette manière, j’ai déjà une idée du récit que je veux écrire au moment de m’installer.
De plus, j’ai pris l’habitude d’écrire tous les jours, de cette façon, mon esprit est continuellement en mode création.

3. Qu’est-ce qui influence le plus votre écriture?

Mes passions!
Ainsi que les expériences que j’ai vécues au fil du temps.

4. Avez-vous un-e auteur-e favori-e et pourquoi?

Anne Golon, l’auteure française qui a écrit la série Angélique. C’est grâce à elle que j’ai eu le goût d’écrire mon premier roman « Le masque du gerfaut ».
D’ailleurs, mon personnage masculin s’appelle « Joffrey » en l’honneur de « Joffrey de Peyrac » dans Angélique ;).

5. L’horreur est un genre littéraire que vous n’avez pas beaucoup utilisé par le passé. Vous vous êtes prêté au jeu en rédigeant Le petit chaperon rouge. Comment avez-vous trouvé ça?

Ce fut le roman le plus difficile que j’ai eu à écrire, car justement, ce n’était pas un genre littéraire dans lequel j’étais habitué d’écrire, surtout que je n’en lis pas vraiment non plus.

Et comme il s’agissait d’horreur glauque et qu’il n’y avait aucune romance en plus de devoir suivre les lignes directrices du conte original, les difficultés étaient d’autant plus grandes.

Mes recherches sur le conte original, ainsi que ses symboliques m’ont beaucoup aidé dans mon écriture. 😉

Et c’est un défi que je suis contente d’avoir relevé.

6. Comment décrirez-vous un processus d’édition, de la soumission de votre dernier manuscrit à sa sortie en librairie?

C’est un long processus… Pour ma part, j’ai beaucoup de chance, car désormais, je n’ai qu’à présenter des synopsis à mes deux maisons d’édition pour la signature des contrats.

Ce point réglé, je commence à faire mes recherches, à élaborer un peu plus dans ma tête ce que sera l’histoire dans son ensemble.

Puis je commence le travail de rédaction, et j’écris deux chapitres à la fois.

En ce qui me concerne, j’écris à la main dans un cahier, et après je recopie le tout à l’ordinateur en retravaillant le texte.

J’imprime mes deux chapitres, et je les relis pour les retravailler.

J’apporte les correctifs à l’ordinateur, et ensuite, le tout est passé à Antidote.

Une fois fait, j’envoie les deux chapitres finalisés à mes bêta-lectrices qui me signalent ce qui serait à modifier selon elles.

Lorsque tous les chapitres sont finalisés, je relis d’un trait mon roman pour m’assurer que tout est OK.

Par la suite, je l’envoie à ma maison d’édition. À partir de là, une correctrice linguistique passera au travers de mon manuscrit au complet.

Une fois tout ce processus fait, je dois relire le PDF pour m’assurer qu’il ne reste plus de coquilles. Et c’est seulement à cet instant que le roman sera prêt à être envoyé à l’imprimeur et ensuite à la librairie.

7. Une bonne partie des livres que vous rédigez sont des romans de romance. Quels sont les conseils que vous pourriez donner aux auteur-e-s qui désirent écrire des scènes de romance?

Vous assurez que l’histoire soit crédible. Éviter que les personnages (surtout féminins) soient trop puérils dans leurs réactions et leurs discours. Faire attention au langage vulgaire et aux descriptions trop crues. Aller un peu plus dans la subtilité. Faire en sorte que l’histoire soit variée et éviter la répétition. Et très important, vous assurez qu’il y ait une histoire solide autour de votre romance. 😉

8. S’il nous était possible de ne lire qu’un seul de vos romans (ou de vos séries de roman), lequel nous recommanderiez-vous et pourquoi?

Un choix difficile à faire…
J’irais probablement avec ma série « D’amour et de haine ».
Il s’agit d’un beau chassé-croisé amoureux, mais c’est beaucoup plus aussi. Ne serait-ce que pour découvrir l’histoire tragique de « L’Empress of Ireland ».

9. Sans pouvoir prétendre avoir lu tous vos ouvrages (pas encore!), nous comprenons que vous avez une vision plutôt féministe de vos personnages. Pour faire simple, vos personnages féminins ne sont pas des demoiselles en détresse. En quoi cela est-il important pour vous?

Il est important pour moi d’envoyer comme message, aux jeunes filles et aux femmes, qu’elles ont le pouvoir de prendre leur destin en main, qu’il ne faut pas hésiter à foncer, s’affirmer et surtout avoir foi en elles.

Je souhaite que mes personnages soient un exemple ; les femmes en montrant qu’elles ont la force de passer au travers des épreuves, et les hommes en montrant qu’ils sont des partenaires présents pour épauler leurs compagnes et non pour les contrôler ou les dominer…

10. Parlez-nous de votre projet d’écriture. Y-a-t-il une date de sortie de prévue? On veut tout savoir (pas de secret =P) !

Je viens de terminer le tome 3 de ma série « D’amour et de haine » qui sortira en novembre chez les éditions AdA.
Et j’en suis, à ce moment, à l’écriture d’un nouveau thriller/érotique qui doit sortir en février 2019 chez LER (Les Éditeurs Réunis).

Par la suite, il me faudra choisir entre deux projets que j’ai en tête, c’est à suivre… 😉

 

Nous tenons à remercier chaleureusement Sonia Alain pour cette généreuse entrevue. Nous vous invitons à vous procurer ces livres qui sont disponibles dans toutes les grandes librairies ou sur le site internet de ces deux éditeurs.


1.  (la série « La dame de Knox » est la version révisée de l’ancienne série qui renfermait le roman « Le masque du gerfaut » et les deux tomes de « L’amour au temps de la guerre de Cent Ans »)