Top 10 des répliques qu’on m’a dites en dédicaces

Top 10 des répliques dites à un auteur en séance de dédicaces

En tant que jeune auteur, il faut savoir ravaler son humilité, faire preuve de beaucoup de patience et savoir que tout ne vient pas en criant ciseaux. Eh oui! Je suis encore jeune (dans la vingtaine bien que ça achève bientôt) et mon parcours littéraire en est tout autant. Je suis tout de même fière de pouvoir m’occuper de la promotion de mon deuxième roman. Je roule tranquillement ma bosse comme on dit. Pour me faire connaître et rencontrer mes lecteurs, j’organise entre autres des séances de dédicaces dans les librairies. Sur place, j’y rencontre toutes sortes de gens. J’y passe souvent plusieurs heures à mon kiosque et ceci donne lieu à des discussions parfois saugrenues ou confuses. Je vous ai donc concocté une liste de situations les plus cocasses que j’ai vécue durant l’été 2018.

1. Où sont les livres de cuisine?

Beaucoup de gens semblent ne pas savoir distinguer les employés d’une librairie, souvent avec un uniforme ou, du moins, un écusson avec leur nom. Il m’est donc arrivé à plusieurs reprises d’entendre des phrases du genre :

Madame, vous savez où sont les livres de cuisine?

Je réponds alors dans ce genre de situation et avec un certain malaise que j’ignore comment les livres sont rangés. Il faut savoir que, la plupart du temps, je me retrouve dans une librairie où je n’ai jamais mis les pieds auparavant et que chaque libraire à sa façon de classer ses livres. Le mieux que je puisse faire est donc de les référer à un employé compétent.

2. Qui est l’auteur?

Je pourrais peut-être expliquer la réplique #2 par le fait que je n’ai pas encore la trentaine. Il semble impossible pour certaines personnes que je sois une auteure bien que je me tienne la plupart du temps derrière une table avec plusieurs exemplaires du même livre. Ça peut paraître étonnant, mais il est vrai que la moyenne des auteures au Québec entre 45-54 ans est un peu plus élevée (36,2%) alors que celle des 25-44 ans (26,4%) est plus basse. Je reste tout de même surprise lorsque les gens me posent la question alors que je viens de faire une présentation complète du livre. Je me sens parfois un peu bête de leur répondre : «Mais c’est moi.» Haha!

3. Je n’aime pas lire

Eh oui! Alors que je suis dans une librairie et que je parle de livres aux clients de passage, il m’est déjà arrivé (plus d’une fois) qu’on me réponde que la lecture les ennuie. Dommage pour eux! Dois-je comprendre qu’ils se sont fait traîner de force dans cette librairie? Peut-être bien.

4. Je ne peux pas lire

Contrairement aux gens qui me disent tout simplement ne pas aimer lire, d’autres s’excusent en disant qu’ils sont tout simplement incapables de lire. La cause est la suivante et je cite :

Lire me fatigue. Je n’arrive jamais à lire plus d’une page sans m’endormir dedans. Donc je ne lis pas.

Pratique comme remède pour les insomniaques, mais un petit peu bloquant pour moi. Je me force alors à ne pas trop rire de la situation et leur souhaite une bonne journée.

5. Comment faire pour être publié?

Il faut savoir que parmi la clientèle des librairies se trouve parfois des écrivains en herbe qui ont soif d’apprendre et qui considèrent les auteurs laissés sans surveillance les personnes idéales pour répondre à LA grande question. Ça me fait toujours plaisir de répondre aux curieux, mais je dois dire que la question est complexe. Je me vois forcée de répondre parfois qu’il faut simplement envoyer son manuscrit à une maison d’édition et s’assurer de suivre leurs critères, mais je ne ferais qu’effleurer le sujet. Peut-être devrais-je développer là-dessus lors d’un prochain billet. En attendant, je vous réfère à cette liste non exhaustive d’éditeurs potentiels.

6. Ton livre est trop cher

Il m’est aussi quelques fois arrivé de me faire dire que mes livres étaient trop chers. Évidemment, il est difficile de plaire à tout le monde. Il faut savoir que si quelqu’un décide effectivement du prix de vente du livre, ce n’est très certainement pas l’auteur. Au Québec, l’auteur ne gagne pas plus de 10% sur chaque livre et que les librairies demande un pourcentage variant entre 30% et 40% du prix de vente. En tant qu’auteure sans distributeur, je tente le plus possible de revendre mes exemplaires au prix le plus bas allant même parfois jusqu’à ne pas me faire un sou sur les livres vendus. Il faut tout de même garder en tête que l’emplacement est déterminant dans le choix du prix. J’ai déjà fait l’erreur de participer à une fête de quartier comprenant une énorme vente de garage et de tenter de vendre mon premier roman à plein prix. Cela n’a pas été un franc succès.

7. Tu en as vendu beaucoup?

Il existe plusieurs personnes sans barrière, c’est surprenant. Il m’est arrivé plus d’une fois qu’on me demande si les ventes allaient bien, si je rentre dans mon argent, si je suis un best-seller. Ce genre de question me semble toujours assez délicate et je ne me sens pas à l’aise de donner mes chiffres… surtout à des inconnus. Je leur réponds simplement que ça avance bien et que j’en suis très heureuse. 😀

8. À qui ça s’adresse?

Une question épineuse, mais essentielle, est de connaître son lectorat et de savoir qui devrait lire son livre ou pas. Me considérant une auteure plus pour un public adulte, j’hésite à recommander mon livre à des parents qui cherchent des lectures pour leurs adolescents. Il me faut tout de même apprend à cesser de craindre le rejet et plutôt poser des questions et demander ouvertement aux parents si tel ou tel aspect du livre leur semble correct pour leurs enfants. Après tout, il peut y avoir de très grandes différences entre chacun d’eux.

9. Où trouves-tu ton inspiration?

C’est une question complexe à laquelle j’aimerais inviter ceux qui se la posent à  lire cet article. Lorsqu’on me demande cette question en dédicaces, j’aime répondre que tout peut être source d’inspiration. J’aime m’inspirer de pays et de cultures étrangers comme le Japon ou l’Espagne. J’adore faire voyager mes lecteurs ailleurs et les dépayser quelque peu. Les émotions fortes sont aussi au cœur de mon écriture. Si le texte n’est pas poignant ou le suspens pas assez émoustillant, je perds l’intérêt à l’écriture au même titre qu’un lecteur perd l’intérêt à sa lecture.

10. J’ai entendu parler de ton livre à la radio?

Heu… j’aurais pu très facilement prétendre que c’était bien moi et de récolter le mérite de cet auteur, mais je suis trop honnête pour cela. Je n’ai encore jamais participé à une émission de radio et ne pense pas avoir fait les manchettes d’un éditorial à ce jour. Si tel est le cas, que le journaliste en question se dépêche de me contacter pour me faire retrouver la mémoire. Hahaha! Je reste tout de même ouverte à toutes offres potentielles.

Bonus. J’achète!

Et finalement, le moment tant attendu, il m’est heureusement aussi arrivé d’entendre la phrase clef et de dénicher un nouveau lecteur qui est prêt à plonger tête première dans mon univers. C’est à chaque fois un moment touchant et satisfaisant. La sensation du «Mission accomplie» étamper sur le cœur! Un plaisir qu’on ne peut se cacher d’apprécier en tant qu’auteur et je ne parle pas ici de l’argent potentiellement gagné. Je reste toujours surprise de constater le nombre de gens déterminés à encourager la relève et de se procurer des livres québécois. À tous ceux-ci je dis merci au nom de tous mes collègues auteurs.