Prendre soin de soi

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Il faut se le dire: peu importe le domaine, le métier ou les passions, notre bien-être devrait passer avant tout. Prendre soin de soi, c’est faire ce qu’on aime, mais c’est aussi ne pas trop en faire. Je m’explique. Je vois passer des messages de détresse partout sur les réseaux sociaux ces temps-ci – peut-être est-ce à cause de la fin de session – et mon reflet s’y projette comme dans un miroir.  Je ne suis pas en détresse, car je me suis arrêtée avant, mais j’ai atteint une certaine saturation : une saturation des choses qui me passionnent et que j’aime faire.

La passion qui nous submerge

Souvent, on entend les gens chialer des emplois qu’ils n’aiment pas ou bien des cours qui les rendent malheureux dans un cursus insatisfaisant. Mais sachons-le; on peut aussi être en détresse parce qu’on n’a jamais assez de temps pour faire tout ce qu’on aime ou bien parce qu’on fait tout simplement trop de ce qu’on aime, sans jamais prendre le temps de se reposer. C’est épuisant d’avoir toujours la tête pleine. Pour être bien honnête, j’aime tout ce que je fais; les cours à l’université, l’emploi, la lecture intensive et la correction d’un manuscrit. Mais un moment donné, on devient tellement impliqué et on a tellement de projets que même si on se clonait dix fois, on n’arriverait pas à tout faire et puis… avouons-le, on aurait davantage de cerveaux pour trouver plus d’idées dans ce qui nous passionnent et puis, on n’y arriverait pas plus. Bon, vous voyez ici mon penchant pour la science-fiction, mais cette idée demeure vraie : quand on est un être passionné, on peut souffrir de tout ce flot d’idées qui nous motivent. Un genre de sentiment contradictoire, paradoxal, mais viscéral, qui nous pogne en dedans.

C’est ainsi qu’après deux mois de production insensée, j’ai pu prendre deux semaines de congé, au cours desquelles je pouvais produire encore plus, sans jamais en arriver à bout. À un point, je me suis demandée où tout ça allait mener; était-ce ça ma vie? Ces choses que j’aime et qui me gardent occupée 120 heures par semaine? Cette fatigue incessante qui me tracasse? Non, j’ai dit non. Je vais vous adresser ces paroles que je me suis adressée:

Vous avez le droit de…

Vous avez le droit d’écouter un film sans aucun but, de dessiner, de prendre le temps de manger, de vous promener sans but précis, de faire des soirées entre ami-e-s, de vous asseoir auprès d’un feu et de le regarder, tout simplement. Vous avez le droit de penser à vous, malgré vos milles passions. Parce que la dépression et l’épuisement, ce sont des phénomènes qui sont bien réels et qui sont aussi pires – et parfois pires – que de se faire casser les deux jambes en même temps. Vous valez plus que vos notes, vos « vues », vos projets, vos ambitions. Vous êtes un être humain et vous devez prendre soin de vous; vous êtes la seule personne qui puisse réellement mettre en application cette décision, ce mode de vie.

Mettre la pédale douce

C’est beau la création, les projets, les passions, mais parfois – parfois – , il faut mettre la pédale douce. Quand? Quand vous constatez que ce n’est plus aussi « l’fun » que ça devrait l’être. Quand une liste commence à s’accumuler dans votre tête. Quand les activités deviennent des obligations et que les choses qui vous faisaient normalement plaisir ne vous font plus autant d’étincelles. Quand vous commencez à ne pas vous sentir bien et/ou à vous sentir plus fatiguée. Et pour les auteur-e-s comme moi : quand ça fait plus d’un mois que vous n’avez pas rédigé une seule ligne! N’attendez pas trop longtemps, car en tant que TS, je le sais, le mal-être est vicieux; il peut s’insinuer graduellement dans votre quotidien.

Comment on fait, pour mettre la pédale douce? Eh bien, on lâche prise sur les délais, la perfection (le travail d’une vie pour certain-e-s!). On dit non à des propositions ou à des projets. On met de côté les choses moins importantes, on se donne des pauses, des journées de congé (oui, oui, des journées entières!). On délègue, si on peut. On sort de chez nous, on va vers l’autre, on fait des activités qui sortent un peu de nos passions ou bien qui nous reposent. On pratique le yoga, on mange des crêpes avec ben du sirop pour dîner ou bien on fait la grasse matinée. Vous savez, ce genre de choses qui nous font sourire =) !

Conclusion : s’écouter pour ne pas tomber

Je ne sais pas si, au final, cet article est réellement lié à ce blogue, mis à part qu’il parle de la réalité d’une passionnée de la littérature: blogueuse, étudiante en édition du livre et employée à temps plein dans un autre domaine. Je ne pense pas que cette réalité m’est propre; elle est applicable à tou-te-s les passionné-e-s de ce monde, mais je la remarque bien souvent chez les amoureux des lettres. D’ailleurs, pas plus tard que l’année passée, Stéphanie, la co-auteure de ce blogue, a écrit un article à ce sujet. Vous pouvez cliquer ici pour le consulter.

Ne vous inquiétez pas pour moi. Je vais bien! J’ai dit : « c’est assez » avant que ce ne soit trop. Mais personne n’est réellement à l’abri. Alors je vous invite à vous écouter afin que vous puissiez dire, vous aussi, « c’est assez ». Il faut s’écouter pour que les passions restent ce qu’elles sont : des intérêts positifs qui nous poussent à nous dépasser et à nous épanouir et non pas à nous écraser.

Bref, dans tous les cas, prenez bien soin de vous!