Rêves et cauchemars par Alexandre Charbonneau

C’est par un petit coup de pouce de la part de ma collègue fille de joual Withney que j’ai décidé de me rendre en personne le 9 mars dernier au lancement du livre «Rêves et cauchemars» pour rencontrer son auteur, Alexandre Charbonneau, et me procurer ce livre fantastique s’adressant plus particulièrement aux jeunes adultes (YA) bien que j’ai moi aussi pris du plaisir à parcourir ses pages. En bonus, l’auteur m’a offert son premier roman aujourd’hui discontinué et une charmante discussion. Je ne regrette donc pas ma rencontre et souhaite à présent vous faire part de mon avis sur ma récente lecture.

J’aimerais premièrement faire part de cette similarité que je partage avec le protagoniste de l’histoire, Léandre, par rapport aux troubles du sommeil en tout genre puisqu’il s’agit d’une thématique récurrente. Avec la vie angoissante de performance et de stresse perpétuels que nous menons tous, personne n’est à l’abri de ce genre d’expérience. Je suis convaincu que tout le monde saura se reconnaître en ce pauvre Léandre et sera compatissant envers ce qu’il s’apprête à vivre.

Synopsis

«Rêves et cauchemars» raconte l’aventure de Léandre, un geek assumé (amateur de zombies, de Magic et de donjons & dragons) fréquentant une école secondaire ordinaire et bien entouré de sa petite clique d’amis fidèles. Ceux-ci sont loin de s’imaginer le calvaire qui hante ses nuits de façons chroniques. C’est que Léandre veut leur épargner les détails de ses cauchemars incessants. Mais les forces de ce monde onirique vont se révéler encore plus viles qu’il pourrait l’imaginer. Créatures, chimères et folies vont se manifester jusqu’à briser les limites de la réalité. Léandre sortira-t-il indemne de cette aventure? Est-il seulement possible de combattre le monde des rêves?

Les points forts

J’aimerais tout d’abord souligner les points forts de ce livre et ceux-ci sont très nombreux. Commençons par l’habileté de l’auteur à osciller entre un vocabulaire parfois très riche (des mots dont j’ignorais moi-même l’existence alors que je me considère une bonne lectrice) et un style qui reste toujours très efficace et plaisant à son lectorat parfois moins enclin à la lecture. Des mots et expressions recherchées tels que lippe, diaphane ou «faire main basse» pour ne nommer que ceux-là.

Ce roman est aussi l’occasion d’un genre d’hommage envers la culture «geek». Les références à des classiques du cinéma d’horreur, des créatures du monde fantastique de donjon & dragon et d’autres de l’imaginaire même de l’auteur peuvent facilement faire écho à un bon nombre d’adolescents. L’initiative audacieuse d’intégrer un personnage féminin (Gabrielle) qui est aussi amatrice/connaisseuse que d’autres brises en soient quelques clichés et fait bien plaisir à la passionnée que je suis moi-même. Vive les geeks! 😀

Pour ce qui est de l’intrigue, on peut penser au film Inception ou à la série «Les voyageurs de la nuit»  d’Alain Lafond, mais la tournure en fait une oeuvre unique en soit. Au menu, toutes sortes de créatures cauchemardesques, des sueurs froids garantit et un véritable sentiment de déconnexion avec la réalité. La tension va toujours en escaladant et le rêve chevauche de plus en plus le réel jusqu’à ce qu’il soit impossible de faire la distinction. Autant au niveau du style de police, de la mise-en-page, des éléments fantastiques que des effets de réels, ce livre réussis avec brio à nous faire tomber dans un cauchemar éveillé! Bravo pour tout cela.

Les points négatifs

Je ne le répéterai jamais assez, j’écris ici mon avis personnel sur ma lecture et je suis loin de posséder la science infuse. Il s’agit donc d’exposer au mieux ma pensée générale sur ce que j’ai moins apprécié durant ma lecture.

Commençons par rappeler que je ne pense pas tout à fait faire partie du public cible. C’est probablement ce qui explique le mieux pourquoi je n’ai pas compris la nécessité de parsemer le roman d’illustrations. L’attention, bien que très louable, donne une apparence plus juvénile au récit comme le fait un album et qui plus est, je fais partie des lecteurs qui apprécient imaginer eux-mêmes les créatures qui lui sont décrites.

Ensuite, c’est peut-être seulement moi, mais j’ai été souvent perdu à travers les nombreux amis et ennemis de Léandre. Alors que l’intrigue prend beaucoup de temps à s’installer, très certainement la moitié du livre, on passe à travers une succession de créatures fantastiques, un peu comme un défilé de mode cauchemardesque, où on se demande : «Léandre peut-il survivre à ça?» Puis, le tout est complété chaque fois par un chapitre de réveil où Léandre tente de passer par-dessus son angoisse et de poursuivre son quotidien. La structure peut donc paraître répétitive et on se demande où ça nous mène. Heureusement, l’intrigue se développe tranquillement et on voit apparaître un ennemi véritable qui semble avoir un plan et des ambitions à combler.

Finalement, j’ai répertorié quelques coquilles durant ma lecture alors que je ne les cherchais pas du tout de manière volontaire. L’une d’elles m’a fait bien rire puisque j’ai moi-même longtemps fait l’erreur entre les homonymes «raisonner» du mot «raison» et «résonner» qui qualifie la réverbération d’un son. Note à moi-même: ne plus jamais faire cette erreur au risque d’être la risée de tous.

Conclusion

Dans l’ensemble, «Rêves et cauchemars» est un roman pour jeunes adultes remplis de potentiels et d’un bestiaire onirique aux apparences sans limites. Il s’agit d’une lecture assez avancée qui pourra plaire à n’importe quel adolescent amateur de fantastique, de magie et de culture geek et populaire. Un superbe cadeau du temps des Fêtes à offrir et à s’offrir. Bonne lecture à tous.