Dreamwalkers : Tome 2, une série qui ne s’essouffle pas

Dreamwalkers par Alain LafondLaissez-moi vous présenter aujourd’hui le deuxième tome d’une trilogie que j’ai entamé en juin 2018. Depuis ce temps, les choses ont beaucoup évolué pour l’auteur Alain Lafond. Débutant tout d’abord comme entrepreneur et décidant de publier lui-même sa série alors intitulée «Les voyageurs de la nuit» en fondant les éditions Onirium, on peut dire qu’il ne manquait pas d’audace. Sans aucun doute, l’auteur/entrepreneur croyait en son projet et était prêt à le porter à bout de bras s’il le fallait. Je lui fais part de toute mon admiration à ce sujet. Aujourd’hui, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et la série a maintenant trouvé un nouvel éditeur dont les moyens sont à la mesure des ambitions de ses auteurs. C’est sous une nouvelle image et un texte réédité que la série «Dreamwalkers» voit le jour sous les éditions Coup d’œil, une filiale des éditions Goélette. Je dis donc bravo à son auteur! Il est maintenant grand temps de vous faire part de mon avis sur le deuxième tome intitulé «L’incréé».

 

Pour découvrir l’article portant sur le premier tome, c’est par ici.

Pour ceux qui ne l’ont pas lu cette série, je vais m’efforcer à ne pas trop révéler les «punchs» et faire un petit résumé avant tout. Sachez que je vais tenir pour acquis que vous avez déjà parcouru mon résumé du livre précédent pour gagner quelques lignes et, si ce n’est pas le cas, accrochez-vous!

Synopsis

«L’incréé» se situe tout d’abord huit ans après la fin du premier livre. À cette période, certaines choses ont évolué dans la vie de nos Dreamwalkers alors que d’autres sont restées les mêmes. Sarah, Charlie et toute l’équipe suivent toujours le docteur Max dans son projet d’aide et de rencontres auprès d’autres personnes douées de ce dont exceptionnel permettant de voyager parmi les rêves et, parfois même, d’y intervenir et d’influencer le rêveur à son réveil. Durant leurs voyages, ils prennent pour affection un petit garçon du nom de Jérémy qui vit au sein d’une famille trouble dont le père est violent. Leurs intentions sont pleines de volonté lorsqu’ils décident d’intervenir dans la vie du garçon, mais ils sont loin d’imaginer la tourmente qui les attend. L’esprit malveillant surnommé l’Ancien qui vit jusqu’à ce jour dans le corps de Sam cherche toujours plus de libertés et il trouvera en Jérémy le véhicule parfait pour poursuivre sa quête de pouvoirs. Les signes de fin du monde se multiplient. L’enfer est à deux doigts de s’étendre. Réussiront-ils à empêcher l’apocalypse se concrétiser?

Les hauts

Pour commencer, j’aimerais souligner tout d’abord que la plus grande crainte d’un lecteur est sûrement celle de s’investir dans une série et de découvrir à mi-parcours que son intérêt n’est plus celui du début. À ceci je réponds en vous rassurant tout de suite; cette série semble refuser de s’essouffler. L’auteur maîtrise d’une main de maître son sujet et sait maintenir la cadence malgré le nombre (impressionnant) de pages à parcourir.

Aussi, son style demeure très proche de celui des best-sellers américains et cette série pourrait très certainement être qualifiée de page-turner, une caractéristique très rare pour une oeuvre purement québécoise. En début de lecture, on peut trouver le nombre de pages peut-être rebutant, et puis on se met à lire et on les voit défiler à une vitesse grand V. Le rythme se construit progressivement jusqu’à monter en un crescendo au timing parfait. Franchement, cette série vaut bel et bien le détour! Croyez-moi ou allez vérifier par vous-même. 😛

Les bas

D’un autre côté, je ne peux pas vous cacher les petites bévues que j’ai pu trouver au passage. Évidemment, aucune oeuvre n’est parfaite et mon avis est très personnel  à ce niveau. (Je ne le répéterai jamais assez.)

Je dirais donc, à titre bien personnel, que j’ai été un peu irritée par le personnage de Sarah dans ce deuxième tome. Avec la situation avec Sam et tout ce qui se passe en cours de route, j’ai pu comprendre sa frustration et sa colère. N’empêche que j’ai eu l’impression d’avoir affaire à un personnage à une seule dimension. En effet, Sarah ne semble, au cours de ces 600 pages, ne savoir faire qu’une seule chose : crier après ceux qui tentent de l’aider et se plaindre sur son sort. Étant donné qu’il s’agit aussi de l’un des seuls personnages féminins du roman, le clichée de la mégère hystérique est difficile à outrepasser surtout quand elle se met à frapper ses collègues pour de vrai. Mais bon, il s’agit de mon point de vue et il est bien probable que je sois la seule à l’avoir ressenti.

Ce thriller comprend aussi quelques coïncidences et interventions «divines» qui permettent de faire avancer l’histoire. Il faut dire que cet aspect va dans la continuité du premier livre. Je peux affirmer tout de même que la variété des personnages et le dynamisme de l’action surpassent facilement cette petite imperfection. Il s’agit ici bel et bien d’une lecture, disons, de divertissement et non d’un roman d’enquêtes où chaque détail est un indice judicieusement placé. Pas besoin de se creuser les méninges plus qu’il ne le faut avec ce livre. On profite du moment et on se laisse emporter par le courant.

Pour vous donner une meilleure idée de ces petites accroches, je peux vous citer, par exemple, l’apparition du personnage d’Élisabeth Moore, qui se révèle en fait une psychologue engagée par le FBI. Encore aujourd’hui, j’ai du mal à croire qu’un corps policier pourrait engager une femme âgée anciennement alcoolique qui traitent ses prisonniers comme une grand-mère en cuisinant des pâtisseries et préconisant une approche plus amicale que professionnel. Pour moi, le FBI me paraît un organisme agissant dans un cadre d’autorité et ne pourrait être enclin à ce genre de partenariat. Mais le personnage saugrenu d’Élisabeth reste pour le moins intrigant et j’ai eu du plaisir à le suivre tout au long de l’histoire.

Conclusion

La série «Dreamwalkers» ou «Les voyageurs de la nuit» consiste en une lecture divertissante et vous ne serez certainement pas déçu avec ce deuxième tome. Tout comme un bon téléroman policier du type «CSI», il y a bien quelques erreurs de parcours, mais ce thriller est construit pour plaire à un large lectorat. L’auteur Alain Lafond et sa plume bien aiguisée sauront vous mener hors des sentiers battus, craindre pour le sort de chacun de ses personnages et vous faire tenir en haleine jusqu’à la fin. Avec «Dreamwalkers», vous aurez droit à du suspens, des rebondissements et le sentiment d’une continuité parfaite. Bref, une série incontournable qui vaut assurément le détour.