Une implication active dans la communauté / Dossier Alire (3/8)

alire-clÉLa deuxième clé du succès des Éditions Alire est selon nous leur grande implication dans les communautés littéraires, autant celle du roman policier que celle de la SFFQ. En effet, un livre ne s’arrête pas au moment où il est publié en librairie: ce serait comme abandonner un bébé naissant. On doit en prendre soin. La métaphore avec les poupons s’arrêtent toutefois ici : il faut promouvoir le livre pour qu’il sache trouver sa place dans les mains des lecteurs. Si un livre est lu, il vit.

REVUES

C’est en effet d’abord par la création d’Alibis en 2001, revue spécialisée dans le genre policier par les fondateurs des Éditions Alire, qu’ils ont su « favoriser l’éclosion d’un milieu spécialisé en devenant un tremplin pour les écrivains québécois rompus à l’écriture de polar et de noir, mais surtout en étant le lieu de convergence pour les nouvelles voix »[1]. Non seulement un lieu de rassemblement pour les auteurs, il s’agissait de la création d’une communauté d’intérêt sur le polar. Malheureusement, bien que la revue ne soit plus disponible en format papier depuis 2016 (Alibis 2018), le site internet quant à lui demeure toujours actif. Parallèlement, c’est également par la reprise de la direction littéraire de Solaris, revue spécialisée en SFFQ, dès l’an 2000[2] que les Éditions Alire assurent sa pérennité ainsi qu’un plus grand lien avec le lectorat. Et c’est donc par le biais de participation active des auteur-e-s de la maison dans ces différentes revues que les Éditions Alire les font connaître et qu’ils s’assurent une fidélisation des lecteurs.

 

PARTICIPATION AUX ÉVÉNEMENTS

Ensuite, c’est également en participant aux différents événements dans les deux communautés (qui sont la plupart du temps regroupés ensemble) qu’on entretient et qu’on fidélise le lectorat; les lecteurs ayant un contact plus fréquent avec les auteur-e-s aura plus tendance, selon nous, à se procurer leurs romans. Ainsi, on retrouve les Éditions Alire aux différents Salons du livre. Avec 88% de livres se retrouvant en format de poche selon notre catalogage, la maison peut amener la totalité de son fond[3] à ces différents événements, ce qui permet au lecteur d’avoir accès plus facilement aux livres. Bien que l’implication de plusieurs éditeurs dans la communauté s’arrête ici, les Éditions Alire n’hésitent pas à aller en Europe pour tenter d’élargir la communauté. C’est ainsi qu’ils participent au Quai du polar, aux Imaginales ainsi qu’aux Utopiales, événements spécialisés dans les genres littéraires que la maison publie[4]. Les éditeurs ne négligent toutefois pas le Québec, avec la participation active au Congrès Boréal,  plus grand rassemblement annuel de SFFQ fondé en 1979[5]. On profite d’ailleurs de cet article pour vous inviter au Congrès cette année qui a lieu dès ce vendredi 3 mai ! Et puis si vous consultez cet article trop tard et que vous avez manqué cet événement cette année, sachez que ça revient à chaque année et que ça a généralement lieu lors de la première fin de semaine de mai ! Vous retrouverez plusieurs représentant-e-s et auteur-e-s de Alire à chaque année ainsi qu’une grande partie de leurs titres en vente sur place.

congrÈs borÉal

DOCUMENTATION DES GENRES

Finalement, c’est également en documentant les genres littéraires qu’ils publient que les fondateurs de chez Alire permettent de les faire connaître à la communauté. Bien que l’analyse du catalogue, comme nous l’avons mentionné dans le premier article du dossier, se limite aux romans, ce serait une grave erreur de ne pas parler des 12 essais publiés sur les genres de la maison à l’instar du DALIAF et du Détectionnaire qui recensent les différents auteur-e-s dans leurs genres respectifs (SFFQ & policier) et dont une bonne partie est publiée par Alire (Alire 2018). C’est également dans un élan de documentation que les éditeurs poursuivent la publication de l’année de la SFFQ de 1995 à 2000, revue spécialisée regroupant tous les ouvrages publiés au Canada dans ces genres littéraires.

 

CONCLUSION

réseau


Books let you live many lives. Illustration par Gürbüz Doğan Ekşioğlu.

Ainsi, en informant les lecteurs potentiels des différents genres, on les fait rayonner et on se permet de consolider et même d’agrandir la communauté qui est plus à même de se procurer les ouvrages de la maison. En participant à des événements locaux le plus possible, on reste en contact avec le lecteur qui se fidélise et qui est plus à même de surveiller les sorties à venir. La présence internationale, quant à elle, permet une certaine visibilité aux auteur-e-s québécois-e-s qui ont de la difficulté à percer en Europe. En bref, cette implication plutôt importante dans la communauté est une clé qui permet d’expliquer le succès des Éditions Alire. Restez à l’affût, car dans le prochain article, je parlerai d’un aspect plutôt particulier de cet éditeur : le format de poche!

 


[1] ALIBIS éd. Site web de la revue Alibis [En ligne], https://www.revue-alibis.com (Page consultée le 5 novembre 2018).

[2] SOLARIS éd. Site web de la revue Solaris [En ligne], https://www.revue-solaris.com (Page consultée le 5 octobre 2018).

[3] C. BRISSON. « Éditions Alire : Quand le succès est dans la poche », Les libraires, [En ligne], 16 juin 2015, https://revue.leslibraires.ca/articles/portrait/editions-alire-quand-le-succes-est-dans-la-poche  (Page consultée le 5 octobre 2018).

[4] L. LAVAL. « Coulisses des Éditions Alire – Mauvais genres », [En ligne], 23 mai 2016, http://librosophia.com/webzine/metiers-du-livre/coulisses-des-editions-alire-mauvais-genres.htm(Page consultée le 5 octobre 2018).

[5] CONGRÈS BORÉAL. Site web du Congrès Boréal [En ligne], http://congresboreal.ca/a-propos/ (Page consultée le 10 novembre 2018).