De synthèse, une histoire intime de SFFQ écrit par Karoline Georges

COUV_De-synthese-CODA-578x1024De synthèse est un roman saisissant de Karoline Georges qui a raflé une quantité impressionnante de prix littéraire l’année dernière lors de sa naissance dans le monde réel. En effet, l’auteure a, avec ce roman, entre autre, gagné le fameux prix Jacques-Brossard de la science-fiction et du fantastique québécois. Publié chez Alto en 2018, ce roman de 220 pages à l’intrigue intime et futuriste ne laisse personne indifférent. D’abord, je vous transcris ici la quatrième de couverture pour vous donner un peu le ton et ainsi vous indiquer rapidement les thèmes abordés :

 

QUATRIÈME DE COUVERTURE

« L’une s’immobilisent devant les fenêtres de sa maison en banlieue avec le poids de la mort aux creux du ventre; l’autre cherche à traverser l’écran pour se transformer en image grâce à son avatar numérique, en quête d’absolu.

L’une a donné naissance à l’autre, qui tente maintenant de renaître à travers un corps virtuel, loin de la morosité du nid familial.

Récit d’une lumineuse lucidité propre à ouvrir les consciences et à faire vibrer  les âmes. De synthèse met en lumière l’aboutissement d’une relation filiale du point de vue d’une femme-image renouant avec sa famille au moment où sa mère entre en phase terminale au terme d’une longue période de dégénérescence. C’est une histoire de corps, de disparition, de reflets, de composition et de décomposition. C’est l’histoire d’une image à parfaire, par-delà le désastre de la chair.»

LES HAUTS ET LES BAS

Avec une C4 comme ça, on sait qu’on est très loin de la science-fiction clichée avec les vaisseaux volants, les guerres d’extra-terrestres et l’action incessante (que j’aime tant)… (sans blague, ce n’est pas sarcastique : j’aime vraiment l’action incessante :-P). On est, je crois bien, à la limite de l’essai artistique et du roman de genre. C’est un récit au vocabulaire recherché, qui s’infiltre au plus creux de nos émotions et qui m’a donné l’impression qu’on y cherchait à décrire parfaitement un ressenti complexe plutôt qu’une chaîne d’événements qui se succèdent. À la limite, ce récit m’a paru comme un poème. Si vous n’aimez aucunement la poésie, je crois que vous n’aimerez pas ce livre, mais bon, je peux me tromper.

C’est donc plus de la SFFQ à la Audrée Wilhelmy (auteure que j’adore). Il y a en a une pléthore de genres, de sous-genres, de style, mais c’est le rapprochement le plus simple que je peux vous faire. Et je ne dénigre aucun de ces genres, que j’aime tous de façon différente.

J’ai tout de même apprécié que l’auteure n’essaie pas de vous enfoncer dans la gorge un tas de concepts de SF et qu’elle a su quand même en incorporer plusieurs dans son histoire, sans réellement les nommer. En même temps, cette timidité au niveau SF m’a semblé manqué un peu de mordant; j’aurais aimé que la SF soit quand même plus assumée, plus étoffée. Mais bon, je suis peut-être trop difficile à plaire!

J’ai aimé. J’ai trouvé ça beau, mais j’ai également été très déprimée de ma lecture, qui pourtant est d’une beauté sans nom. Et, sans vous donner la fin, je dirais que ça finit plutôt bien. C’est peut-être que ça résonne avec mon histoire à moi, ma mère étant décédée elle aussi, d’un cancer il y a plus de dix ans maintenant. Mais ça ne s’efface pas, ces événements-là. On apprend à vivre avec. Mais bon, tant qu’une histoire fait ressentir de l’émotion, on peut dire qu’elle est réussie, non?

APPRÉCIATION GÉNÉRALE

On peut dire que ce n’est pas le genre de roman que je lis très fréquemment, mais les thèmes sont riches : la vie, la mort, l’image corporelle, l’identité et le rapport à l’intimité. Si j’étais professeure de littérature au cégep, je sauterais sur ce livre pour le faire lire à mes élèves ! Je crois que c’est important de découvrir qu’il y a plusieurs façons d’écrire et de lire de la SFFQ et qu’on peut y aborder des thèmes délicats, sensibles et recherchés. Un très bon roman pour les lecteurs assidus qui ne cherchent pas de l’action qui explose et des revirements, mais qui désirent ressentir un tas d’émotions. Bonne lecture!