Boucle d’or par Yvan Godbout

Boucle d'or par Yvan Godbout

Habituellement, c’est ma collègue fille de joual Withney qui est la spécialiste des contes interdits et qui vous dépeint ses avis lectures sur ce blogue. Elle a d’ailleurs conçut un tableau récapitulatif très étoffés des contes interdits première et deuxième génération. Je dois vous avouer que, pour ma part, je ne les ai pas tous lu et j’ai sélectionné le plus récent ouvrage de l’auteur Yvan Godbout pour la simple et bonne raison que je voulais vous donner envie de lire «Boucle d’or». Je voulais qu’on parle de l’oeuvre de fictions, car elle le mérite amplement. Bien sûr, mon ambition se serait révélée moins convainquant si cette lecture ne m’avait pas comblé. J’arrive pourtant aujourd’hui avec la sincère conclusion que ce livre vaut franchement le détour. Il vous happe de front, vous transperce le cœur, vous coupe le souffle. Sans toutefois révolutionner le monde de l’horreur et du suspens, les nombreux talents de son auteur me semblent incontestables. Un vrai petit bout de Dieu! 😉

Difficile de parler de «Boucle d’or» sans faire mention de cette histoire juridique qui implique son auteur, Yvan Godbout, ainsi que le directeur de sa maison d’édition AdA, Nycolas Doucet. Étant moi-même auteure chez eux, je n’ai pas même eux la chance de les rencontrer en personne. Je ne me prononcerai donc pas plus longtemps sur ce sujet. Attardons-nous plutôt à l’oeuvre en soit, outrepassons le contexte médiatique ou toutes autres influences qui pourraient me détourner de cet avis lecture que je souhaite le plus impartial possible, car l’auteur mérite qu’on s’attarde à son œuvre pour ce qu’elle est. Alors c’est parti!

Synopsis

Ce douzième conte interdit qu’est «Boucle d’or» débute avec une petite fille amnésique qui se réveille au beau milieu d’une grange. Son premier réflexe est d’abord de chercher de l’aide dans la campagne avoisinante, mais elle réalise rapidement que la famille dans laquelle elle a atterri cache un lourd passé. Demeurant cachée, elle tentera de percer le mystère de cette famille et de fuir le croquemitaine avant que celui-ci ne l’emporte. Isolements, frissons, oursons et esprit vengeur à prévoir; la suite n’est pas de tout repos.

Points positifs

Commençons tout d’abord par le début : les remerciements de l’auteur. C’est bien la première fois que je m’attarde ici à cette section. Il faut dire que c’est la première fois aussi que j’ai eu les larmes aux yeux en les lisant. Il faut savoir que «Boucle d’or» est en fait dédié aux fidèles lecteurs d’Yvan Godbout, plus particulièrement ceux qui ont montré leur soutien dans les moments plus difficiles qu’il a dû traverser. On voit souvent cette formulation surutilisée de l’artiste qui remercie ses fans, mais cette fois, c’est plus ressenti que jamais.

Si on passe à présent à l’intrigue du livre, j’aimerais souligner cette précision avec laquelle les atmosphères sombres et inquiétantes sont dépeintes. Il s’agit bien sûr de l’essence même du roman d’horreur et cet aspect est donc crucial à tout le reste. Les descriptions des personnages et autres créatures d’épouvantes sont faites avec efficacité et on ne s’attarde qu’à l’essentiel. Aucun mot ne paraît de trop! On peut donc apprécier sa lecture et faire défiler les pages sans jamais s’arrêter.

Aussi, et ça je crois que les grands amateurs des contes interdits l’apprécieront davantage que moi, j’ai été forcé de constater que plusieurs «clins d’œil» qui parsèment se livre sont en lien direct avec le premier conte du même auteur, «Hansel et Gretel». Je n’ai, pour ma part, pas eu la chance de lire ce dit roman, mais j’ai tout de même apprécié cette attention particulière. En tant que nouvelle lectrice, j’ai constaté que les aspects en lien avec ce premier conte sont révélés qu’en deuxième partie et n’occupent qu’une place secondaire dans «Boucle d’or». J’ai donc pu profiter entièrement de ma lecture en ignorant quelques détails que d’autres pourront apprécier.

Enfin, je me suis réjouis des quelques intégrations de paroles de chansons québécoises au fil du récit. Cela ajoute une touche plus personnelle et permet de situer un peu mieux l’intrigue alors que toute l’action se passe en campagne isolée durant une époque plus ou moins définie. Cela m’a fait vivre une certaine nostalgie avec des airs plus rétro et même de découvrir quelques nouvelles chansons. Je ne connaissais pas du tout Roger Tabra, par exemple.

Point(s) négatif(s)

Il n’y a pas, à proprement parler, de points négatifs au livre «Boucle d’or». Si je devais absolument en mentionner, je m’attarderais au dénouement de l’intrigue principale. Difficile de m’expliquer sur ce point sans révéler de punchs. Pour ne pas trop divulgâcher, je dirais que le concept général du livre m’a donné une impression de déjà-vu. Il faut que je spécifie ici que je ne me considère aucunement comme une grande amatrice d’horreur et que je n’ai lu que quelques titres dans cette catégorie. Dans de telles circonstances, le fait que j’ai eu l’impression d’avoir tout de même trouvé ailleurs la même idée de départ m’a plutôt déçue. J’aurais voulu être choquée à la fin, pouvoir me dire : «Mais c’est génial! Du jamais vu!». Ça n’a pas tout à fait été le cas. Laissons tout de même à l’auteur le crédit qui lui revient, son interprétation du concept établit est faite de belles façons, avec intelligence et efficacité. Voilà ce que j’en retiens!

Conclusion

C’est donc avec un sentiment positif que je conclus cet avis lecture. «Boucle d’or» de Yvan Godbout conviendra à tout ce que les fans des contes interdits recherchent. Pour un public averti, très certainement. Est-ce qu’il s’agit du meilleur livre de la collection? Je ne saurais le dire. J’y ai très certainement trouvé une lecture exaltante, qui se lit d’une traite. J’espère de tout cœur que son auteur continuera longtemps à publier des récits, car il maîtrise très certainement l’art du suspens. Dans tous les cas, Yvan Godbout vient de voir ajouter à sa liste une nouvelle adepte. J’espère pouvoir vous compter à votre tour parmi ceux-ci.