Jeanne Moreau a le sourire à l’envers : un roman pour ados touchant de Simon Boulerice

JEANNEMOREAUJe n’avais jamais lu de Simon Boulerice avant. Autant les critiques littéraires que mes ami-e-s sont catégoriques à ce sujet : il faut avoir lu au moins un Simon Boulerice avant de mourir. C’est ce que j’ai fait et je suis parfaitement d’accord avec ce statement!  J’ai eu la chance d’écouter Jeanne Moreau a le sourire à l’envers, publié chez Leméac en 2013,  en format audio via le site de Radio-Canada. J’aime parfois écouter ou lire des romans pour adolescents. L’adolescence est une période trouble et j’aime bien voir ce que les jeunes peuvent écouter pour être à la fois guidés et divertis. Ce livre se classe sans conteste dans cette catégorie de romans à la fois ludique et utile. Avant tout, je vous retranscris ici un excellent résumé de cette oeuvre trouvé sur le site de Radio-Canada :

RÉSUMÉ

Les mésaventures d’un adolescent banlieusard revêtent des proportions épiques dans ce roman qui s’adresse aux jeunes, mais qui saura également ravir les plus vieux. Léon, 15 ans, n’arrive pas à se débarrasser de ses pellicules et se sent comme « une machine à neige artificielle ». Heureusement, il y a Carl, son meilleur ami, qui ne se soucie pas de ses problèmes capillaires, et Léonie, sa correspondante de Lévis, qui dit le trouver beau sur ses photos. Depuis leur rive sud respective, l’une de Montréal et l’autre de Québec, Léon et Léonie s’écrivent de longues lettres qu’ils s’envoient par la poste, ce qui est un peu « dépassé », tout comme le sont, pour certains, les films de la Nouvelle Vague qu’Antoine, le grand frère de Léon, regarde en boucle au salon. Dans cette histoire sur la beauté de l’amitié et de l’amour fraternel, Boulerice met en scène une famille comme il en existe bien d’autres, drôle et attachante malgré ses travers, et aborde, entre autres, l’anorexie au masculin.

LES HAUTS ET LES BAS

L’écriture est fluide, simple, sans pour autant infantiliser le jeune lecteur en le prenant par la main. On n’hésite pas à utiliser le registre de vocabulaire plus simple afin de faciliter la compréhension et la narration à la première personne nous permet vraiment de rentrer dans la tête de Léon, un protagoniste très attachant et original! L’auteur a stratégiquement créé un ado qui s’exprimait bien et qui était plutôt cultivé, sans que cela ne soit cliché ou trop évident. On traite de plusieurs problématiques lourdes de sens dans ce livre : la santé mentale, la quête de l’identité, l’amour et les relations interpersonnelles entre adolescents. On y croit à ce jeune Léon; il nous semble vraiment vivant. L’histoire est plutôt simple, mais touchante et originale. Les correspondances par lettre entre les deux protagonistes m’ont semblé vraiment authentiques.

C’est difficile ici de trouver des points à améliorer ! Si je pousse un peu, je dirais qu’il manque peut-être de diversité dans ce livre. On imagine tous les personnages blancs et hétérosexuels. Connaissant le profil de l’auteur très inclusif, ça m’a quand même surpris! En même temps, la diversité n’est donc ainsi pas poussé dans la gorge du lecteur. Alors, je ne saurais dire s’il s’agit d’un enjeu réel ici ou si c’est juste mon esprit d’analyse qui essaie d’aller un peu trop loin. Bref, ce n’est pas non plus flagrant et ça ne m’a pas choquée lors de ma lecture.

APPRÉCIATION GÉNÉRALE

Il s’agit d’un bon bouquin que les jeunes ados aimeront lire et qui les feront réfléchir. L’écoute de ce livre audio fut réellement agréable et je détestais devoir suspendre mon écoute tellement j’étais captivée. Le roman est donc bien structuré, plus profond qu’une simple histoire d’amour entre adolescents, puisqu’il aborde des thèmes très intéressants qui feront réfléchir vos ados ! Je vous le recommande alors chaudement! Bonne lecture!