Soleil de glace: découvrez le Québec hivernal de Carl Rocheleau

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Qui se souvient de la crise du verglas de ’98? Cette catastrophe naturelle où, dans certaines régions du Québec, les pylônes s’écrasaient comme de vulgaires châteaux de cartes. La moitié de la population québécoise a été privée d’électricité pendant cet événement et l’état d’urgence avait été déclaré. Les pannes ont duré plusieurs semaines, particulièrement pour ceux qui habitaient dans le fameux «Triangle noir». Dans certaines villes, l’armée venait cogner aux portes. Les familles qui chauffaient au bois ont pu rester chez eux et se sont mises à vivre comme dans l’ancien temps. Celles qui n’avaient aucun moyen de se réchauffer en plein hiver ont été dirigées vers les refuges.

Le scénario apocalyptique a certes marqué l’imaginaire des gens. D’ailleurs, l’auteur Carl Rocheleau s’en est servi comme point de base pour créer un univers des moins chaleureux. L’Aquilon, paru aux Six Brumes en 2010, est un recueil de nouvelles où les glaces de la crise du verglas ont laissé place à un hiver éternel. En 2019, la maison d’édition a réédité ce texte en lui ajoutant une suite.

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Synopsis

Soleil de glace se divise en deux parties. La première est une réédition de L’Aquilon légèrement retravaillée. Huit ans après le verglas, le Québec est enseveli sous la neige et le froid envahit le cœur de ceux qui sont restés. Summer, une fillette aux facultés particulières, invoque le vent du Nord afin de révéler qui sont ses voisins. Douze nouvelles pour les douze locataires de l’Aquilon.

La deuxième partie se nomme L’Albatroce. Vingt ans d’hiver sans fin. Le visage du Québec a changé pour de bon. Le gouvernement a fini par abandonner son peuple aux mains des sociétés privées. Les survivants de l’Aquilon se réunissent pour entreprendre le long voyage vers le sud. À bord de l’Albatroce, une autoneige ayant jadis appartenu à leur ancien propriétaire, ils bravent les dangers d’un territoire redevenu sauvage. Mais le plus grand danger ne se trouve pas dans la nature…

Devant eux s’étend à perte de vue l’Hiver qui a détruit le monde connu.

Soleil de glace, p.77

Appréciation

La première partie du livre met en place l’univers de façon efficace. Certes, les nouvelles sont concises, racontent une scène très brève et on passe au suivant. Mais elles nous permettent de découvrir rapidement comment le monde s’est adapté à une telle catastrophe. Les genres varient d’une nouvelle à l’autre. On y trouve quelques histoires d’horreur tandis que d’autres sont plus psychologiques ou simplement anecdotiques. Les modifications par rapport à la version originale sont mineures. Changement du type de narration pour la plupart et quelques petits ajouts pour préparer la suite.

La pièce maîtresse de ce livre est selon moi L’Albatroce. Comme dans la première partie, le narrateur est aligné sur un personnage différent à chaque chapitre. Mais la narration est plus uniforme et l’histoire se poursuit d’un chapitre à l’autre. J’ai trouvé que le récit était beaucoup plus fluide et on y accroche plus facilement. On apprend à mieux connaître les personnages aussi. J’ai beaucoup apprécié l’aspect sombre dans lequel l’intrigue nous entraîne. L’horreur prend le dessus sur le côté science-fiction et la transition se fait tout en subtilité.

Expérience générale

J’ai eu froid! Je me rappelle, la première fois que j’avais lu L’Aquilon, je m’étais dit que ça ferait une bonne lecture d’été pour oublier les chaleurs accablantes. Mais en plein mois de janvier ou février, Soleil de glace se lit enroulé dans une grosse douillette avec un breuvage chaud dans une main. L’auteur arrive parfaitement à nous faire ressentir le froid grâce à son écriture convaincante. Chose certaine, ça nous aide à relativiser lorsque la température tourne autour des -15/-20°C. Au moins dans la réalité, l’hiver ne dure que quelques mois et on n’a pas besoin d’un températeur pour garder la nourriture à un degré positif de fraîcheur!

Conclusion

Soleil de glace est un récit immersif mené d’une main de maître. Bien que j’aie préféré la deuxième partie, je dois reconnaître que c’est grâce à la première si l’univers est aussi bien campé. Je recommande ce livre à tous ceux qui cherchent une bonne dystopie québécoise. Mais je vous conseille de vous préparer un café et de vous emmitoufler chaudement!

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