Six minutes, un roman policier sur trame de violence conjugale, signé Chrystine Brouillet

Six minutesJe crois que je n’ai pas tant besoin de vous l’introduire : Chrystine Brouillet est une sommité dans le monde littéraire québécois. De l’intrigue, des revirements et bien souvent des meurtres à élucider, ses romans sont distribués partout au Québec. Six minutes, publié en 2015 chez l’éditeur Druide, est un roman policier qui m’a vraiment chamboulée. Il s’agit d’une des nombreuses enquêtes du personnage Maud Graham que j’affectionne particulièrement. Si vous cherchez une série de plusieurs romans policiers mettant en vedette une femme, je vous invite à vous y attarder : il y en a 18 à ce jour ! Mais bon, là clairement, je m’égare. Et si on parlait de « Six minutes » ?

Résumé

Six minutes, c’est le temps que ça prend pour tuer une femme par asphyxie. C’est ce que l’auteure nous apprend de but en blanc. Brutal, non? Je dis ici « femme » parce que 80% des victimes de violence conjugale sont des femmes, puis presque 100% des victimes qui en décèdent sont également de sexe féminin.  La violence conjugale est un phénomène d’envergure qui demeure pourtant tabou.

« Six minutes » est un roman policier qui débute avec le meurtre d’un homme et qui, de fil en aiguille, met la lumière sur les violences faites aux femmes par le biais de plusieurs histoires qui s’entrecroisent et se démêlent progressivement sous l’oeil aiguisé de la détective Maud Graham.

Points positifs

« Six minutes » traite en profondeur de la problématique de la violence conjugale, sans pour autant que cela soit moralisateur ou didactique : par les dialogues, les pensées et les événements, le lecteur peut se faire une bonne idée du cycle de la violence conjugale, de ses répercussions sur la vie des victimes ainsi que des mythes qui sont tous ici déconstruits par l’auteure avec une intelligence sensible. Pour la travailleuse sociale que je suis, ce roman est un véritable bijou ! Bravo à l’auteure !

Ici, le roman est construit de sorte qu’on sait bien avant l’enquêtrice qui est le coupable et pourquoi il a commis ce meurtre. Plusieurs lecteurs diront, et avec raison, que c’est donc prévisible et que ça peut manquer un peu de « punch ». Toutefois, ce qui est intéressant bien souvent avec les romans policiers, ce n’est pas « qui » est le meurtrier, mais bien comment les enquêteurs feront pour le découvrir: quels indices a été laissés derrière par le criminel et de quelle façon les enquêteurs arriveront à le coincer. Le fait de rédiger un roman policier de cette façon permet à l’auteur de nous donner la perspective du tueur et d’avoir accès à ses pensées. Le point de vue se voit donc bonifié.

Je vous lance donc en rafale les éléments appréciés dans cette lecture: la protagoniste est bien développée, avec ses qualités et ses défauts; l’action se déroule physiquement dans un Québec qu’on reconnaît aisément et, finalement, bien que le casse-têtes des histoires semblent complexe au départ, aucune question ne demeure sans réponse.

Petit point négatif à mon avis

J’ai bien trouvé un petit point négatif dans la lecture. À cet effet, j’ai eu l’impression que les enquêteurs qui sont des personnages secondaires sont trop nombreux, plusieurs d’entre eux étant peu nécessaires à l’histoire à mon avis et, certains d’entre eux étant même interchangeables. Ça ne m’a toutefois pas empêché d’apprécier l’intrigue. Ainsi, quelques passages les mettant de l’avant m’ont semblé un peu longs, mais bon, je suis peut-être une lectrice difficile à garder en haleine!

Conclusion

Le 8 mars est alors tout indiqué pour que je vous parle de ce bouquin : un livre traitant d’une thématique tabou qui touche particulièrement les femmes et dont il faut parler, publié par une autrice, mettant de l’avant une protagoniste forte, intelligente et humaine. Et ça, c’est sans compter le fait que le bouquin est mené d’une main de maître par l’auteure. Je vous le recommande chaudement!  Bonne lecture!

Pour vous procurer ce bouquin de cette auteur prolifique, c’est par ici !

Psst… voici des ressources

Si vous êtes victime de violence conjugale ou si vous êtes un-e proche d’une personne victime, voici des ressources pour vous :