La série Alégracia par Dominic Bellavance

Alégracia par Dominique Bellavance

Qui donc n’a jamais entendu parler d’Alégracia? À ceux qui me répondent à la négative, je leur décrirais cette série pour jeunes adultes (YA) comme un véritable flambeau du genre fantasy au Québec.

Parue dans une première édition de 2005 à 2009 en 4 volumes chez Les Six Brumes, elle a connu plusieurs nouveaux souffles avec un intégral grand format entièrement réécrit en 2015, puis, tout récemment, une sortie en trois volumes aux éditions AdA en 2020. Et si cette série a pu renaître de ses cendres autant de fois, c’est parce que son histoire est intemporelle. Sans contredit, l’univers coloré créé de toutes pièces par Dominic Bellavance parvient encore aujourd’hui à charmer de nouveaux adeptes autant qu’à attirer les plus nostalgiques, comme moi. Penchons-nous à présent sur son résumé pour ceux qui n’ont pas encore eu la chance de parcourir ses pages.

Synopsis

Premièrement, il ne faut pas confondre la série Alégracia avec le spectacle Alégria du Cirque du Soleil. D’accord, d’accord, soyons plus sérieux. 😛

Cette série merveilleuse démarre autour d’une petite famille comprenant une mère monoparentale, Mosarie, et ses deux jumelles adolescentes, Alégracia et Sintara. Les trois femmes vivent paisiblement dans une maison isolée du reste du monde sur le bord de la mer et aucun intrus ne vient leur rendre visite si ce n’est le marchand Kakimi. Mosarie cache depuis des années un lourd secret à ses filles et celles-ci vont finir par le découvrir malgré tous ses efforts. Sintara, douée d’une soif de liberté inébranlable, entraînera sa sœur en dehors des limites du territoire établies et fera la rencontre de Shnar, un prince plutôt ambitieux. Les deux adolescentes lui révéleront leur véritable nature mystérieuse et se retrouveront mêler à un conflit beaucoup plus grand qu’elles. Impossible de dire si Alégracia saura affronter son destin alors qu’une guerre terrible se prépare entre des guerriers du Continent-Coloré et des êtres aux pouvoirs surnaturels.

Tome 1 : Alégracia et le serpent d’argent

Il y a de cela plusieurs années, j’ai eu l’opportunité de découvrir le premier volet de cette série en parcourant l’édition originale. À l’époque, j’étais dans la jeune vingtaine et je me souviens avoir été tout de suite émerveillée par la plume de Dominique Bellavance, très descriptive et imagée. Pour le bien de cette critique (et pour me rafraîchir la mémoire aussi) j’en ai fait la relecture complète, dans une version plus récente cette fois. J’ai ainsi pu constater à quel point ce tome 1 m’a influencé dans ma propre écriture et y est recelé plusieurs inspirations dans mon premier roman publié: Les Gokans. La série Alégracia consiste, sans contredit, en une lecture inoubliable qui a su provoquer un véritable tournant dans ma jeune carrière. Son auteur est aussi devenu pour moi un modèle à suivre et je lui lève mon chapeau bien haut dans les airs.

Avec mon bagage d’aujourd’hui et ma trentaine entamée, j’ai analysé ce livre avec des yeux plus experts qu’autrefois. J’avoue ainsi avoir pu déceler quelques longueurs, mais je n’ai pourtant rien à redire sur l’univers complètement incroyable qu’a su bâtir son auteur. Surtout, et je le félicite pour cela, il a su éviter les grands clichés, ce qui n’est pas chose aisée avec le genre fantasy. Je vous le confirme tout de suite, Alégracia ne propose pas un gros méchant qui veut mettre le monde à ses pieds, un preux chevalier qu’on dirait bénit des dieux ou une princesse en détresse. À dire vrai, la proposition de Dominic Bellavance est on ne peut plus rafraîchissante et c’est tant mieux!

Tome 2 : Alégracia et les Xayiris

Sans trop pouvoir le justifier, je dois vous avouer que ma lecture de la série originale s’est arrêtée au tome 1. Cette année, j’ai pu découvrir ce volume pour la première fois et ne peux ainsi vous faire la comparaison entre mon interprétation plus jeune. Aussi, je me considère aujourd’hui comme ne faisant plus partie du public cible de la série et mon constat en sera donc peut-être un peu moins pertinent. Voici tout de même ce que j’ai pu en penser.

J’aimerais de prime abord mentionner qu’il s’agit de mon volume préféré en ce sens que je lui ai trouvé le plus grand nombre de qualités. À la fois remplis d’actions et de revirements de situations, on ne s’ennuie jamais et les pages se tournent d’elles-mêmes. En plus, il y a cet aspect moins juvénile qui gagne tranquillement l’histoire au même titre qu’Alégracia quitte l’adolescence pour devenir une adulte. On peut affirmer ici, sans l’ombre d’un doute, qu’on a affaire à un roman typique pour jeunes adultes (YA). Les amateurs du genre se sentiront donc servis.

Enfin, l’univers riche et multicolore du premier tome s’enrichit avec ce deuxième. L’auteur nous fait habilement voyager entre plusieurs lieux, découvrant différentes coutumes et personnalités uniques. Je dois vous avouer que j’éprouve un faible pour les Xayiris qui sont des créatures divines qui prennent la forme d’oiseaux pour observer le monde des mortels. Une note parfaite quant à l’originalité et les descriptions époustouflantes!

Tome 3 : Alégracia et le dernier assaut

Finissons avec le dernier volet, mais non le moindre. Comme sûrement tous les autres lecteurs de cette série, j’attendais avec impatience de découvrir cette ultime bataille qui s’est révélée épique à souhait. L’auteur a sans contredit fait un travail de recherches concernant le vocabulaire militaire du moyen-âge que j’ai trouvé suffisamment crédible. On y découvre aussi des tensions politiques, des personnages aux points de vue divers et le suspens d’un véritable conflit armé qui s’annonce décisif.

Si je peux me permettre un léger bémol, j’avoue détenir un avis très mitigé sur ce dernier volume qui va probablement à l’encontre de plusieurs autres lecteurs. À vous de déterminer si vous appuyez ou non mon opinion. Personnellement, j’ai ressenti un certain vide causé par la presque disparition du personnage d’Alégracia pendant une bonne partie du récit. Pour ma part, je me suis sentie à plusieurs reprises déboussolée, car chahutée entre différents personnages secondaires et j’ai eu de la difficulté à suivre l’histoire sans le point de vue de la protagoniste. Alors que le reste de la série m’a semblé plutôt facile à lire, j’ai trouvé que le tome 3 sortait complètement du lot et rompait, en quelques sortes, avec les standards établis par les autres volumes. C’est toutefois une perception qui m’est propre et je vous invite à vous forger la votre durant vôtre lecture.

Conclusion

Je le répète sans hésitation, la série Alégracia a littéralement (oui oui) marqué mon passage à l’âge adulte. Comme un grand nombre de lecteurs, j’ai été charmée par son monde original et ses personnages inoubliables. Le fait que la série puisse ressortir sur les tablettes et ainsi gagner un nouveau public me réjouit et je vous invite à y plonger tête première. On peut compter les séries de fantasy québécoises sur les doigts d’une main et je vous présente une petite perle trop peu connue malgré qu’elle est déjà gagnée prix Boréal Aurora. Alors, dépêchez-vous de vous le procurer et je vous souhaite une bonne lecture tout en arc-en-ciel.

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