Les rosemonteries de Sébastien Ste-Croix Dubé

Dernièrement, je suis tombée nez à nez avec le dernier livre de Sébastien Ste-Croix Dubé, aussi directeur du Salon de dégustation de MaBrasserie. C’est de prime abord le titre «Les rosemonteries» qui m’a attiré. J’avoue que j’ai un faible pour les jeux de mots et que je m’imaginais déjà toutes sortes de scénarios potentiels pouvant s’y appliquer. Laissez-moi à présent vous présenté cette lecture peu commune.

Synopsis

Premièrement, je catégoriserais «Les rosementeries» comme une novella à mi-chemin entre le recueil de poésie et le roman. L’intrigue se déroule en un jour et une nuit. On y suit Adam, un employé de la coopérative brassicole MaBrasserie. (Vous comprenez ici d’où l’auteur tire son inspiration :P)

L’histoire se passe le jour de la Saint-Jean-Baptiste. Depuis qu’un collègue s’est blessé au travail, Adam fait des doubles shifts et ne peu plus prendre du temps pour lui. Au final, ç’a lui a coûté sa vie de couple et il se retrouve seul dans son appartement en plein Rosemont. Pour oublier sa peine, il décide de boire un coup en cette journée festive. Lorsqu’il passe au travail pour se ravitailler en bière, il apprendre qu’une machine est défectueuse et qu’il est le seul à pouvoir sauver la production. S’en suivra une véritable épopée à la recherche de pièces de remplacements. Au fil de ce périple, on s’attache de plus en plus à Adam et on comprend ce qui la mener où il est rendu.

Qu’est-ce que j’en ai pensé?

Le livre pullule d’images sublimes et montre une poésie pour le moins surprenantes, en plus d’être souvent typiquement Montréalaise. Plusieurs passages m’ont bercés durant ma lecture. Ce sont parfois des critiques sociales ou simplement des métaphores très étonnantes. Je n’ai pas pu m’empêcher d’en parsemer un peu partout dans cet article.

Les gens se trémoussent et s’appliquent à parler franglais. Des fleurdelisés flottent au-dessus du parc avec une lourde odeur de friture.
Le ciel est Québec.
Ste-Croix Dubé, Sébastien (2020). Les rosemonteries. Le Groupe Nota Bene (Triptyque), p.54

Autre aspect important du livre : le court poème en préface. Il s’agit d’une étonnante entrée en la matière selon moi. En premier, on survole les lignes et on tente d’y déchiffrer un sens. On découvre par la suite que les vers sont réutilisés à chaque début de chapitre. On peu comprendre alors le véritable sens caché derrière cette poésie intrigante.

Adam, tu rumines comme un vieux con. Trouve une bonne vibe. Aligne tes astres, man. Le monde change, make the world Greta again!
Idem, p. 84

«Les rosemonteries», c’est aussi une véritable ode à la bière. On frôle parfois avec l’alcoolisme, car le personnage d’Adam démontre décidément tous les symptômes, mais l’auteur sait décrire à la perfection les subtilités de ce nectar ambré… et nous mettre l’eau à la bouche même pour une personne comme moi qui déteste le houblon.

Microorganisme polyvalent, champignon unicellulaire anaérobique, la levure est la divinité allochtone des brasseurs. Malgré nos connaissances scientifiques, les levures restent têtues, capables de scraper une recette à tout moment.
Idem, p. 99

Conclusion

Je tiens à remercier en terminant le groupe Nota Bene pour ce service de presse dépaysant. J’avoue qu’en temps normal, je n’aurais probablement jamais parcourus les pages de ce livre, mais que je suis tout de même heureuse d’avoir pu élargir mes horizons. «Les rosemonteries», un tout petit livre qui a à dedans!

Si vous souhaitez l’ajouter à votre bibliothèque, c’est très simple! Rendez-vous en librairie ou sur le site des libraires.ca.