Retour sur Boréal en mode virtuel

Crédit Elise Warren Illustration

Le magnifique visuel de la 42e édition du congrès Boréal a été réalisé par Elise Warren Illustration

Les 1er et 2 mai derniers, SFSF Boréal nous a présenté la 42e édition du congrès Boréal, grand-messe des littératures de l’imaginaire au Québec. Depuis 2018, l’événement est un incontournable pour vos dévouées Filles de joual. D’ailleurs, c’est à cette occasion que j’ai eu le plaisir de rencontrer Stéphanie et Withney. Évidemment, l’annulation de l’édition 2020 nous a désappointés, mais ce n’était que partie remise, car l’organisation a travaillé fort pour nous offrir une programmation virtuelle, 100 % à l’épreuve des virus à couronne (pour ne pas nommer celui qui nous mène la vie dure).

Bien sûr, la tenue d’un événement en ligne n’a pas la même ambiance conviviale que ceux en présentiel. Par contre, l’évolution des moyens de communication dans la dernière année nous ouvre à de nouvelles possibilités. Voici quelques faits saillants de l’édition virtuelle qui nous démontre que l’on peut recréer une partie de l’effet Boréal même quand la distance nous sépare.

L’Heure du Court

Normalement, ce festival de courts-métrages se déroule lors de la soirée d’ouverture du congrès Boréal. Pour la deuxième année consécutive, l’organisateur, Francis Blais, a tenu l’événement en ligne pour nous permettre de regarder les films dans le confort de notre salon. En tout, ce sont dix courts-métrages de genre qui ont été diffusés en direct les 24 et 25 avril. De l’horreur, du mystère, de la science-fiction et du fantastique: une belle programmation où chacun a pu trouver son compte. Personnellement, j’ai eu quelques coups de cœur, dont celui-ci

L’activité de réseautage éclair

Cette activité avait également lieu une semaine avant le congrès. Je n’y ai pas participé, mais Stéphanie y était et nous a partagé son expérience. Il fallait préalablement prendre rendez-vous avec un ou plusieurs éditeurs disponibles ce jour-là. Pendant l’activité qui s’est tenue le 25 avril, auteurs et éditeurs de l’imaginaire se sont rassemblés sur Zoom pour échanger sur le milieu littéraire. Les rencontres avec le ou les éditeurs choisis se déroulaient dans un salon privé. L’auteur ou l’autrice avait alors dix minutes pour présenter un manuscrit, un projet en cours ou simplement poser des questions. Stéphanie dit avoir trouvé l’expérience à la fois stressante et enrichissante. C’est à surveiller si l’activité reviendra lors des prochaines éditions du congrès.

Les tables rondes

Cinq tables rondes ont été diffusées en direct au cours de l’événement. Ce n’est pas beaucoup, mais la qualité compensait largement pour la quantité. Et un peu comme une adepte de la lenteur, je pense que de prendre mon temps pour m’asseoir dans mon salon, une bière à la main, m’a permis d’en profiter au maximum. J’ai trouvé que, dans chacune des discussions, les thématiques abordées étaient dans l’air du temps, ce qui nous a exposé un portrait actuel de la littérature québécoise. Les tables rondes sont toujours disponibles sur la page Facebook de SFSF Boréal et je vous suggère d’inviter vos amis à les écouter avec vous en utilisant la fonction « Regarder ensemble » de Messenger pour recréer l’effet rassemblement du congrès.

Le concours d’écriture « sur place »

Le défi consiste à écrire une nouvelle en une heure avec un thème donné. Si vous trouvez ça simple dit de même, je tiens à préciser que le texte doit être complet et publiable en l’état. Cette année, le concours s’est adapté au format virtuel et proposait aux membres de participer même à distance. J’ai profité de cette formule pour tenter l’expérience. Au début de mon temps alloué, j’ai écrit lentement, puis de plus en plus rapidement. À quinze minutes de la fin, je n’en étais qu’à la moitié de mon histoire ! Je me suis mise à taper sur le clavier avec frénésie. C’était un sprint final ! « Vite ! Une conclusion ! Pas le temps de relire ! Merde ! C’est dans quel dossier que je l’ai enregistré ? » Tout ça pour réussir à envoyer un texte bâclé à la toute dernière seconde. J’étais gênée de soumettre une nouvelle même pas relue, mais en fin de compte, je n’ai eu que du plaisir. J’espère pouvoir recommencer l’année prochaine. Cette fois, le défi sera de remettre un texte plus présentable.

Le 5 à 7 des Filles de joual

On le répète souvent, ce qui rend le congrès Boréal aussi stimulant, ce sont les nombreux moments qu’on partage avec d’autres personnes autant passionnées que nous. Les retrouvailles, les nouvelles rencontres, les discussions font en sorte que nous retournons à la maison chargées à bloc à la fin du week-end. Ce sont ces contacts humains qui nous électrisent et nous motivent. Pour faire honneur à cette tradition, nous nous sommes donné rendez-vous entre filles de joual à la fin du congrès. Un genre de 5 à 7 virtuel qui, au final, était plus un 6 à 8 et plus. Nous étions tellement contentes de nous retrouver, même derrière un écran. Nous avons partagé nos impressions sur le congrès et des nouvelles de nos projets d’écritures tout en prenant un verre. Beaucoup de rires et de plaisir pour finalement constater que l’élément manquant pour faire de ce congrès une réussite, c’était juste ça : échanger.

En conclusion

Pour sa 42e édition, le congrès Boréal s’est adapté à notre réalité dystopique, lui permettant d’entrer dans ce futur souvent imaginé par la fiction. J’ai hâte de voir ce qu’il va en rester quand nous aurons enfin la chance de nous retrouver en vrai. Je tiens à souligner le travail de toutes les personnes impliquées dans l’organisation de cet événement. Ils ont réussi l’exploit de mobiliser notre belle communauté malgré les contraintes qui nous empêchent de nous rassembler. Merci, et à l’année prochaine !